Le Botswana déjoue des recrutements au profit de l’armée russe
Le Botswana affirme avoir empêché huit de ses ressortissants de rejoindre la Russie après leur interception dans trois aéroports, à Gaborone, Johannesburg et Addis-Abeba. Selon le ministre des Relations internationales, Phenyo Butale, 22 Botswanais ont jusqu’ici été identifiés comme ayant été attirés par des offres présentées comme des emplois ou des formations, avant de découvrir leur lien avec un recrutement destiné à la guerre en Ukraine.
- Sécurité

Crédit Photo : DT
Les huit ressortissants ont été interceptés à différentes étapes de leur voyage à l’aéroport international Sir Seretse Khama de Gaborone, à OR Tambo de Johannesburg, en Afrique du Sud, et à Bole, à Addis-Abeba, en Éthiopie. Leur retour a été rendu possible grâce à la coopération du Botswana avec les pays concernés, a déclaré Phenyo Butale devant le Parlement. Selon le ministre, les candidats au départ sont approchés avec des propositions d’emploi, de formation ou de travail dans la sécurité. Certains découvriraient seulement après leur voyage que leur recrutement est lié aux forces russes engagées en Ukraine. Le gouvernement botswanais affirme avoir identifié environ 22 de ses ressortissants concernés par ces circuits. Dès mars 2026, Phenyo Butale avait publiquement alerté sur ces offres après le signalement de Botswanais partis en Russie et retrouvés dans la zone de guerre.
Des recrutements signalés dans plusieurs pays africains
Le cas du Botswana rejoint ceux documentés ailleurs sur le continent. Des enquêtes et procédures ont notamment été ouvertes au Kenya, au Zimbabwe et en Afrique du Sud autour du recrutement d’Africains destinés à combattre aux côtés des forces russes. Une enquête publiée en mars par The Continent, à partir d’une liste obtenue par le média français Inpact, faisait état de 1 417 ressortissants africains ayant signé des contrats avec l’armée russe à la fin de 2025. Cette liste ne recensait alors aucun Botswanais. Gaborone rappelle par ailleurs que sa législation interdit à ses ressortissants de servir dans une armée étrangère sans autorisation. Le gouvernement appelle désormais la population à vérifier avec attention les propositions de travail ou de formation à l’étranger, particulièrement lorsqu’elles impliquent un déplacement vers la Russie.
L’interception des huit voyageurs apporte surtout un élément concret à des alertes émises depuis plusieurs mois : au Botswana, le recrutement lié à la guerre en Ukraine n’est désormais plus traité comme un risque théorique, mais comme une filière ayant déjà touché plusieurs de ses citoyens.
LSI AFRICA
Commentaires
Vous souhaitez pouvoir ajouter un commentaire à l'article Le Botswana déjoue des recrutements au profit de l’armée russe, ou faire profiter de votre expérience avec les internautes, ajoutez votre commentaire il sera mis en ligne après validation par notre équipe
Votre commentaire a bien été prise en compte, notre équipe vous envoi un mail de confirmation une fois mis en ligne.
Votre commentaire est en attente de modération. Voir votre commentaire