EXACTIONS
Burkina Faso: les exactions des islamistes se multiplient
La situation sécuritaire va-t-elle cesser de se dégrader au Burkina Faso ? L'ONG internationale Human Rights Watch a donné l'alerte ce mercredi 15 juin, publiant un rapport inquiétant. «Les atrocités des groupes armés islamistes se multiplient», avertit l'association précisant que des exécutions sommaires, des pillages ou encore des incendies criminels sont désormais commis «en toute impunité» à travers le pays.
- Terrorisme

Crédit Photo : ABP.
Capitaine Ibrahim Traoré.
Le Burkina Faso, en particulier sa partie nord, est confronté depuis 2015 aux attaques de groupes djihadistes liés à al-Qaida et à l'État islamique qui se multiplient. Elles ont fait des milliers de morts et au moins deux millions de déplacés. Le pays était aidé depuis plusieurs années dans sa lutte contre les djihadistes par des forces spéciales françaises basées à Ouagadougou avant que le régime du capitaine Traoré ne leur demande plier bagage.
«Des groupes armés islamistes ont tué des dizaines de civils, pillé et incendié des biens, et forcé des milliers de personnes à fuir lors d'attaques menées à travers le pays depuis la fin de l'année 2022», rapporte aujourd'hui Human Rights Watch. Ces groupes «ont également assiégé plusieurs villes, privant les habitants de nourriture, de services essentiels et d'aide humanitaire». L'ONG a recueilli le témoignage de plusieurs dizaines de personnes qui attestent d'exactions commises «dans les régions du Centre-Ouest, du Centre-Nord et du Sahel depuis le mois de novembre». Si «aucun groupe armé n'a revendiqué ces attaques», leurs méthodes, les choix de leurs cibles, leurs vêtements ou encore leurs turbans ne laissent guère place au doute, relève l'association.
Représailles
Outre le «déplacement de populations comme stratégie pour asseoir leur pouvoir et leur autorité», les groupes islamistes infligent «des punitions collectives aux habitants des villages et des villes qui collaborent avec les autorités gouvernementales». La junte au pouvoir a une stratégie d'enrôlement de supplétifs civils, appelés Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), pour compléter les effectifs de l'armée régulière. Les autorités, débordées par l'avancée des islamistes, peuvent ainsi s'appuyer sur des milices locales. «Un habitant de 46 ans a déclaré que des combattants islamistes avaient tué 12 hommes à Dassa le 26 janvier, apparemment en représailles au recrutement des milices dans la région», rapporte HRW.
Il y a juste un an, le médiateur de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) Mahamadou Issoufou pour le pays estimait que les autorités de Ouagadougou ne contrôlaient que 60% du territoire. Le reste est en proie à la domination du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), lié à Al-Qaïda, et, dans une moindre mesure, de l'État islamique dans le Grand Sahara (EIGS). Selon un classement annuel publié début juin par le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), le Burkina Faso vivrait «la crise la plus négligée au monde».
L'ONG rappelle que le pays compte «plus de 14.000 personnes» tuées ces cinq dernières années, «dont la moitié depuis janvier 2022». Également, «seule 42% de l'aide financière humanitaire demandée a été distribuée en 2022», précise-t-elle. Son rapport mentionne également les nombreuses attaques de points d'eau par des groupes armés qui ont privé d'eau 830.000 personnes ainsi que la fermeture de 6200 écoles, affectant plus d'un million d'enfants.
LSI AFRICA avec AFP
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