Plus de 130 morts en 72 heures : le mutisme d’Ibrahim Traoré face aux attaques
En l’espace de trois jours, au moins six attaques revendiquées par le JNIM ont visé des positions militaires et des forces supplétives au Burkina Faso. Les bilans, encore provisoires, font état de plus de 100 morts selon des sources locales et sécuritaires.
- Terrorisme

Credit Photo : AFP
Le Burkina Faso est confronté depuis le 14 février à une nouvelle vague d’attaques armées visant des positions militaires et des forces supplétives dans le nord et l’est du pays. En l’espace de 72 heures, au moins six offensives ont été revendiquées par le JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), affilié à Al-Qaïda, selon des canaux de propagande du mouvement. Dirigé depuis septembre 2022 par une junte militaire conduite par le capitaine Ibrahim Traoré, le pays fait face depuis 2015 à des violences djihadistes persistantes ayant causé des dizaines de milliers de morts civils et militaires, ainsi que des déplacements massifs de population.
Une série d’attaques coordonnées
Le 14 février, la localité de Titao, chef-lieu de la province du Loroum, a été la cible d’une attaque d’ampleur. Selon la revendication du JNIM, des combattants répartis en plusieurs unités ont pris d’assaut un camp militaire, pillé du matériel, incendié des installations et détruit des véhicules. Des sources locales évoquent un bilan compris entre 50 et 80 morts, principalement parmi les forces de défense et de sécurité (FDS). Des véhicules militaires auraient été capturés ou détruits. Le même jour en fin d’après-midi, à Komadougou, dans la région de Fada N’Gourma, le groupe affirme avoir temporairement pris le contrôle du village. Des sources locales rapportent la mort de plusieurs dizaines de gardes forestiers, certains bilans évoquant jusqu’à 60 victimes, ainsi que deux civils.
Le 15 février, d’autres positions ont été visées : une caserne à Koumbri (Yatenga), un poste militaire à Kogo (Koulpélogo) et un détachement à Naré, près de Boussouma (Boulgou). Le 16 février, le camp des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) à Dio, dans le Yatenga, aurait été détruit. Selon des données compilées par Wamaps, six attaques revendiquées par le JNIM ont ainsi été enregistrées entre le 14 et le 16 février sur le territoire burkinabè. Les bilans humains restent provisoires, en l’absence de confirmation officielle consolidée.
Des informations fragmentaires et un silence officiel
La dernière attaque signalée, dimanche, aurait visé le détachement militaire de Naré, dans le nord, selon deux sources sécuritaires. L’une d’elles évoque une opération « de grande ampleur », sans fournir de bilan. À Titao, une source militaire affirmait que la situation était « sous contrôle » après la riposte, indiquant qu’une dizaine d’assaillants auraient été neutralisés. Malgré l’ampleur des violences, les autorités burkinabè n’ont pas communiqué de manière détaillée sur ces événements. Depuis plusieurs mois, la junte ne publie plus systématiquement de bilans relatifs aux attaques djihadistes, laissant place à des informations fragmentaires issues de sources locales, sécuritaires ou de groupes armés eux-mêmes. Le ministre de l'Intérieur du Ghana a déclaré que sept commerçants ghanéens spécialisés dans la vente de tomates ont été tués au cours de l’attaque de Titao, au nord du Burkina Faso, samedi.
Les attaques revendiquées illustrent la capacité de projection du JNIM dans plusieurs régions stratégiques, notamment le Yatenga, le Loroum et le Boulgou. Elles soulignent également la vulnérabilité persistante de certains détachements militaires et unités locales d’appui. En l’absence de communication officielle détaillée, l’évaluation précise du bilan humain et matériel demeure incertaine. Toutefois, la multiplication des offensives en un laps de temps réduit confirme une intensification des opérations djihadistes dans un pays où la question sécuritaire reste centrale depuis plus d’une décennie.
LSI AFRICA
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