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DIALOGUE

Isolé, asphyxié, Nkurunziza montre de timides signes d'ouverture

Isolé diplomatiquement, moribond économiquement, le régime burundais montre pour la première fois depuis le début de la crise en avril 2015 quelques timides signes d'ouverture, au point de discuter - bien que dans la plus grande discrétion - avec la plateforme d'opposition Cnared, affaiblie par les défections.

Crédit Photo: PRB
Crédit Photo: PRB

Pierre Nkurunziza, président du Burundi.

Après avoir obstinément refusé pendant quatre ans de s'asseoir à la même table que le Cnared, même sous l'égide de la communauté internationale, Bujumbura a accueilli samedi le secrétaire exécutif de ce mouvement rassemblant des opposants exilés en raison de la crise née de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé.

Les violences qui ont suivi ont fait au moins 1.200 morts, déplacé plus de 400.000 personnes et entraîné l'ouverture d'une enquête par la Cour pénale internationale. L'ONU, dans plusieurs rapports, dont le dernier publié début septembre, dénonce des meurtres, viols, disparitions et tortures commis par le pouvoir. 

Soucieux de ménager les caciques les plus radicaux du régime, le gouvernement n'a pas officiellement confirmé que le Cnared est désormais un interlocuteur, se contentant de dire que son secrétaire exécutif Anicet Niyonkuru est à Bujumbura pour préparer les élections de 2020 auxquelles le président a annoncé qu'il ne se présenterait pas.

Mais un haut responsable gouvernemental et un haut responsable du Cnared ont non seulement confirmé à l'AFP que M. Niyonkuru est à Bujumbura en tant que représentant du Cnared, mais également que des négociations ont lieu dans le plus grand secret depuis plusieurs mois.

"Il y a au sein du pouvoir burundais un camp modéré qui estime que le pays va droit dans le mur si rien n'est fait pour mettre fin à la crise actuelle, et un camp de durs composé essentiellement de généraux issus du Cndd-FDD (le parti au pouvoir) qui ne veulent rien lâcher par peur de tout perdre", analyse une source diplomatique, sous couvert de l'anonymat.

"C'est le premier camp qui a initié dans la plus grande discrétion des contacts avec le Cnared", a expliqué le diplomate. Une délégation du Cnared avait ainsi rencontré à Nairobi une délégation du pouvoir burundais dirigée par l'ancien ministre de l'Intérieur Edouard Nduwimana, un proche du président Nkurunziza, le 30 août et 1er septembre.

Avec l'AFP

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