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CRISE / CEDEAO

CEDEAO : Crise de la démocratie, 57 jeunes adressent une lettre ouverte aux chefs d’État de l’espace

Soucieux du présent et de l’avenir du continent et davantage préoccupés par l’actualité au sein de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), 57 jeunes de plusieurs pays d'Afrique adressent un message aux chefs d'Etat de l'espace.

Excellences Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement ;

Soucieux du présent et de l’avenir de notre continent et davantage préoccupés par l’actualité au sein de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), nous, jeunes africains alumnus de la session 14 du Young African Leaders Initiative du Regional Leadership Center de Dakar, issus de 16 pays d’Afrique, dont ceux de la CEDEAO, avons choisi de vous adresser, par voie de presse, cette lettre ouverte pour vous faire part de nos inquiétudes quant aux risques éventuels qui planent sur l’espace et par ricochet l’ensemble du continent. Aussi, voudrions-nous, parla même occasion,vous suggérer quelques pistes qui, nous le croyons, pourront aider les pays de la communauté CEDEAO à poursuivre leurs objectifs d’intégration, de stabilité et de développement.

Le vent qui souffle dans l’espace CEDEAO depuis quelques temps n’est pas de nature à rassurer. Alors que les pays anglophones (le Nigéria, le Ghana, le Libéria) et le Cap-Vert présentent une certaine stabilité politique, ceux francophones présentent un risque certain. A titre d’exemple : le Togo vient de sortir d’une révision constitutionnelle controversée et des élections présidentielles à polémique avec la réélection du Président Faure GNASSINGBE. Le Bénin de son côté n’a toujours pas fini de gérer les conséquences des dernières élections législatives. En République de Guinée du Président Alpha Condé, la situation est aussi alarmante. Les élections législatives ont simplement dégénéré en des mouvements de contestation sévèrement réprimés faisant plusieurs morts. Le Mali, pays de Soundiata Keita, est aujourd’hui à un autre épisode de sa longue crise avec un lendemain incertain. L’ère Ibrahim Boubacar Kéita a laissé place à celle de la Junte avec en toile de fond la remise en cause de l’ordre constitutionnel.

Sortie d’une guerre civile il y a une dizaine d’années, la Côte d’Ivoire, est le pays où les signaux déjà au rouge inquiètent plus d’un. L’adoption par ordonnance de la loi électorale, l’interprétation controversée de la Constitution adoptée par référendum qui accorderait la possibilité d’un troisième mandat au Président de la République en exercice tout comme en Guinée, l’exclusion de certains citoyens de la liste électorale, le non-respect des décisions des juridictions supranationales comme c’est le cas du Bénin, ne sont pas de nature à tranquilliser les cœurs. La Mauritanie, pays vivant des cas graves d’inégalité se trouve aujourd’hui dans un climat politique tendu, comme c’est le cas au Sénégal.

Que dire du Burkina-Faso qui vit avec le Mali, le Nigéria, le Niger, le Cameroun, le Tchad de quotidiennes attaques terroristes ? Que dire de la République démocratique du Congo, de la Libye, de l’Egypte, des deux Soudan, la Somalie ? L’Afrique est à l’évidence face à une menace sécuritaire à laquelle il serait inutile d’ajouter une instabilité politique qui pourrait déboucher sur des guerres civiles. Les nombreuses rencontres et décisions de la CEDEAO peinent souvent à relever les défis attendus, compte tenu de toutes les externalités négatives remarquées, freinant ainsi les perspectives de développement économique et social de l’espace, sonintégration, sa paix et sa sécurité.

D’ores et déjà, la répercussion directe de tout ceci sur la stabilité économique et la sécurité des pays n’est plus à démontrer et la genèse de conflits entre populations et acteurs étatiques semblent plus probables. François Bugnion, Ancien Directeur du Droit international et de la Coopération au Comité international de la Croix-Rouge écrivait « De tous les fléaux qui peuvent s'abattre sur un peuple ou sur un État, la guerre civile a toujours été considérée comme l'un des pires. Guerre du fils contre le père, du frère contre le frère et du voisin contre le voisin, la guerre civile débouche sur une lutte sans merci, qui ne se limite pas au choc des armes. Délations, vengeances et règlements de comptes, la guerre civile libère les tensions et les haines accumulées dans une société qui n'a pas su évoluer et dont le tissu social, soudain, se déchire. »

Nous savons tous que l’Afrique est exposée à d’autres problèmes qui ralentissent son émergence. De la menace terroriste à la pauvreté, en passant par le chômage, le manque d’infrastructures, à une balance commerciale fortement dépendante de l’Extérieur, notre espace communautaire et le continent font face à des défis énormes. Ce dont les peuples africains en général ont besoin, c’est d’abord et avant tout, de la stabilité et la paix. C’est une condition sine qua non du développement.

Nous voudrions vous inviter à prendre plus conscience de vos décisions et leurs impacts sur les pays et le peuple africain. Nous devrions, ensemble, orienter nos forces et actions vers la réalisation d’une Afrique unie et prospère, celle que nous voulons ; dont l’espace CEDEAO  serait un des propulseurs du développement. Notre synergie d’actions orientée vers la réalisation de nos défis en termes de stabilité, de croissance, de paix & sécurité, mais aussi d’intégration régionale serait fortement appréciée pour assurer le développement durable de notre espace CEDEAO. Ayant présent à l’esprit notre rôle crucial en tant que jeunes leaders africains, nous restons fortement motivés à nous impliquer dans une démarche inclusive & participative au service du développement comme nous le recommandait Cheikh Anta Diop « Jeunes africains, armez-vous de sciences jusqu’aux dents, et si vous manquez d’unir l’Afrique, vous ne serez pas au rendez-vous du troisième millénaire ».

C’est pourquoi, nous vous suggérons :

1-  La préservation de l’intérêt supérieur de nos Peuples ;

2-  La réelle indépendance de nos Etats et institutions ;

3-  Le respect de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la bonne gouvernance ;

4-  Le respect des décisions des juridictions régionales et communautaires ;

5-  La prise en considération des informations du système d’alerte de prévention des conflits dans l’espace communautaire et l’accélération des mesures de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent ;

6-  L’engagement renforcé de nos forces pour le maintien de la paix et de la sécurité ;

7-  La mise en œuvre de politiques & programmes ancrées sur la résolution des problèmes économiques et la redynamisation de nos perspectives économiques et sociales pour stimuler la croissance et la prospérité dans l’espace ;

8-  Le renforcement des mesures mises en place dans le cadre de la lutte contre la pandémie et la mise en place de programmes de résilience efficaces pour répondre aux exigences en période de COVID & post- COVID.

9-  Le retour aux fondamentaux de la démocratie et de l’Etat de droit

10-La promotion d'un leadership fort et adapté ,efficace et participatif apte à impulser une meilleure dynamique pour la réussite de notre mission.

« Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix ». Cette vérité qui est fixée tel un marbre dans le Préambule de la Charte de l’UNESCO nous amène à croire fermement que la prise en considération de nos propositions permettra à la CEDEAO de grandir et vous et nous avec. Nous vous réitérons notre ferme engagement envers notre Afrique, et notre détermination à œuvrer pour une meilleure prise en charge des intérêts de nos nations, pour un espace intégré, performant et prospère pour relever, ensemble, les défis qui nous attendent.

Dans l’espoir que nos suggestions contribueront à maintenir la paix et la stabilité dans notre espace et sur le continent, nous vous prions d’agréer, Excellences Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement, nos respectueuses salutations.

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