DÉCLARATION
Centrafrique : l’opposition conteste la crédibilité des élections
À l’entame de l’année 2026, le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) durcit le ton contre le pouvoir centrafricain. Dans une déclaration rendue publique à Bangui, la coalition d’opposition dénonce un processus électoral verrouillé, met en cause les institutions chargées du scrutin et réclame l’ouverture urgente d’un dialogue politique.
- Politique

Crédit Photo : MZ.
Créé en juillet 2022, le BRDC affirme avoir pour mission de défendre l’ordre constitutionnel issu de la loi fondamentale de 2016. Le mouvement rappelle qu’il s’est constitué en réaction à ce qu’il considère comme une dérive du pouvoir du président Faustin-Archange Touadéra, accusé par ses détracteurs de chercher à concentrer durablement l’autorité politique en modifiant les règles institutionnelles. Dans son communiqué, le bloc d’opposition estime que le déroulement des élections actuellement en cours dépasse même ses craintes initiales. Il qualifie le processus électoral de profondément biaisé et considère que l’absence de dialogue politique préalable a conduit le pays dans une impasse politique. Selon le BRDC, un tel dialogue aurait permis d’éviter ce qu’il décrit comme une crise de crédibilité majeure du scrutin.
La coalition met directement en cause le chef de l’État et les institutions chargées de l’organisation et de la validation des élections. Elle affirme que le pouvoir issu du scrutin ne reflète pas la volonté populaire et dénonce un mécanisme électoral qu’elle juge contrôlé par l’exécutif. Le BRDC soutient notamment que le taux de participation officiel annoncé par l’Autorité nationale des élections (ANE) ne correspond pas à la réalité observée sur le terrain. Le mouvement affirme que de nombreux électeurs ont choisi de ne pas se rendre aux urnes, signe selon lui d’un rejet du processus. Il estime que le score de 76 % attribué au président Touadéra ne traduit pas l’opinion réelle de la population.
Le BRDC relève également que l’Union européenne, principal partenaire financier de la Centrafrique, n’a pas déployé de mission d’observation électorale et n’a pas financé l’organisation du scrutin, à l’exception du soutien au fichier électoral. Pour l’opposition, cette position reflète un manque de confiance dans le cadre institutionnel du processus.
La coalition critique par ailleurs les rapports favorables émis par certaines organisations africaines et internationales, qu’elle juge peu crédibles. Elle accuse aussi la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) de ne pas avoir respecté son obligation de neutralité, estimant qu’elle a, de fait, soutenu le pouvoir en place. Dans sa déclaration, le BRDC appelle à une mobilisation politique pacifique en vue de restaurer une démocratie qu’il estime fragilisée. Il insiste sur la nécessité d’un dialogue inclusif pour réformer le système électoral et revenir aux principes de la Constitution de 2016.
Selon le mouvement, la Constitution adoptée en août 2023 rend impossible toute alternance politique réelle. L’opposition considère que seule une réforme en profondeur du cadre institutionnel peut garantir des élections transparentes et représentatives de la volonté populaire. Le BRDC conclut en appelant les Centrafricains à rester mobilisés, affirmant que l’avenir de la démocratie et de la République dépendra de la capacité des forces politiques et de la société civile à défendre l’État de droit.
LSI AFRICA
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