CEMAC
CEMAC : les chefs d’État réunis à Brazzaville face aux fragilités économiques de la sous-région
Réunis à Brazzaville en sommet extraordinaire, les chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale ont fait le point sur la situation économique et financière de la sous-région, dans un contexte international marqué par de fortes incertitudes. Si plusieurs indicateurs témoignent d’une amélioration progressive, les dirigeants ont insisté sur la nécessité de consolider ces acquis et d’accélérer l’application des décisions communautaires.
- Economie

Credit Photo : DT
Denis Sassou Nguesso et Brice Oligui Nguema.
Réunis à Brazzaville pour un sommet extraordinaire, les chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ont engagé une réflexion de fond sur la trajectoire économique et financière de la sous-région. La rencontre, ouverte jeudi par le président congolais Denis Sassou Nguesso, s’inscrit dans un contexte marqué par des signaux macroéconomiques contrastés et par une conjoncture internationale jugée de plus en plus incertaine. Autour de la table figuraient notamment les dirigeants de la République centrafricaine, du Gabon et de la Guinée équatoriale, aux côtés des responsables des institutions communautaires. Objectif affiché : anticiper les tensions économiques et financières susceptibles d’affecter les États membres dès le premier trimestre 2026, et évaluer l’état de mise en œuvre des décisions prises lors des précédents sommets extraordinaires tenus en 2016, 2021 et 2024.
Dans son allocution d’ouverture, le chef de l’État congolais a insisté sur la nécessité d’un examen sans complaisance des engagements déjà actés. Pour Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, a-t-il souligné, l’enjeu n’est plus seulement de multiplier les diagnostics, mais de traduire les orientations stratégiques en actions concrètes et mesurables. Cette exigence de cohérence et de continuité est apparue comme un fil conducteur des échanges.
Sur le plan économique, les dirigeants de la sous-région reconnaissent des évolutions globalement positives. La plupart des économies de la CEMAC affichent une croissance modérée mais réelle, portée notamment par la reprise progressive des activités extractives, les investissements publics et, dans certains pays, une amélioration des recettes budgétaires. L’inflation, après avoir atteint des niveaux préoccupants, montre également des signes de ralentissement, se rapprochant progressivement du seuil communautaire fixé par les instances régionales. Pour autant, ces indicateurs encourageants restent fragiles. Les chefs d’État ont souligné la vulnérabilité persistante des économies de la zone face aux chocs exogènes. La volatilité des prix des matières premières, la hausse durable des taux d’intérêt à l’échelle mondiale, les tensions géopolitiques et les effets du dérèglement climatique constituent autant de facteurs susceptibles de compromettre les équilibres macroéconomiques durement restaurés ces dernières années.
C’est dans ce contexte que le président en exercice de la CEMAC a appelé à un renforcement de l’accompagnement international. Il a plaidé pour une implication plus soutenue des institutions financières internationales et des partenaires bilatéraux, estimant que les efforts de réformes engagés par les États membres doivent être appuyés par des financements adaptés, mais aussi par une assistance technique ciblée. Pour les dirigeants de la sous-région, la crédibilité des politiques économiques passe autant par la discipline budgétaire que par la capacité à soutenir la croissance et à préserver la cohésion sociale.
Les discussions ont également porté sur les défis structurels qui continuent de freiner l’intégration régionale : faiblesse des échanges intra-communautaires, dépendance excessive aux ressources naturelles, lenteur dans la mise en œuvre des réformes institutionnelles et contraintes pesant sur le secteur privé. Autant de chantiers qui, selon plusieurs intervenants, exigent une coordination plus étroite entre les États et les organes communautaires. Au-delà des considérations strictement économiques, le sommet de Brazzaville s’est voulu un signal politique. Dans un environnement international instable, les dirigeants de la CEMAC entendent réaffirmer leur attachement à une approche collective des crises, fondée sur la solidarité régionale et la concertation. L’objectif affiché est clair : éviter que les difficultés conjoncturelles ne se transforment en crises systémiques, comme cela a pu être le cas par le passé.
À l’issue des travaux, des recommandations sont attendues afin de renforcer la résilience économique de la zone et d’accélérer l’application des décisions communautaires déjà adoptées. Reste à savoir si cette nouvelle séquence politique permettra de combler l’écart, souvent dénoncé, entre les ambitions affichées lors des sommets et leur traduction effective sur le terrain.
LSI AFRICA
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