Orpaillage illégal : la Côte d’Ivoire suspend pour six mois les nouvelles autorisations d’exploitation
La Côte d’Ivoire veut intensifier la lutte contre l’orpaillage illégal, qui mobilise depuis plusieurs années les services de l’État dans différentes régions du pays. Réuni jeudi 17 septembre à Abidjan, le Conseil national de sécurité (CNS) a décidé de renforcer les opérations sur le terrain et de cibler également les financements et les appuis logistiques. Vingt et un pelotons seront notamment déployés sur les principaux fleuves et leurs affluents.

Crédit Photo: GCI
L’exploitation clandestine de l’or reste une préoccupation majeure en Côte d’Ivoire. Après les mesures adoptées le 23 juillet, le gouvernement veut intensifier les opérations dans les régions touchées et mieux coordonner les services chargés de combattre le phénomène. Les préfets de région auront un rôle central. Lors d’une concertation organisée les 4 et 5 septembre à Yamoussoukro, ils se sont engagés à renforcer le renseignement territorial et la coordination des forces dans leurs circonscriptions. Un délai de six mois a été retenu pour conduire cette mobilisation. Les unités spécialisées bénéficieront aussi de moyens supplémentaires. Le nombre de brigades opérationnelles du Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal sera augmenté, tandis que les capacités des forces de défense et de sécurité présentes dans les régions seront renforcées.
Vingt et un pelotons sur les fleuves ivoiriens
La surveillance va également porter sur les cours d’eau. Le CNS a décidé de créer 21 pelotons de sécurité fluviale, chargés de contrôler les quatre grands fleuves ivoiriens et leurs affluents. Le dispositif doit permettre une présence permanente des forces de sécurité dans ces zones et compléter les opérations conduites sur les sites d’extraction clandestine. Le gouvernement prévoit parallèlement de restaurer les terrains dégradés par l’activité minière illégale. Le Génie militaire doit participer aux travaux, aux côtés de programmes à haute intensité de main-d’œuvre. Le gouvernement prépare une loi destinée à alourdir les peines encourues pour les infractions liées à l’orpaillage illégal. Le texte annoncé doit notamment permettre de poursuivre séparément les personnes qui financent ou apportent un soutien logistique aux activités clandestines. La complicité financière ou matérielle pourra ainsi constituer une infraction autonome. Une disposition qui va élargir le champ des poursuites aux acteurs qui contribuent au fonctionnement des exploitations illégales sans participer directement à l’extraction.
Un moratoire de six mois sur de nouvelles autorisations
Autre décision prise jeudi : la délivrance de nouvelles autorisations d’exploitation minière artisanale et semi-industrielle sera suspendue pendant six mois. Dans le même temps, des solutions de reconversion doivent être proposées aux orpailleurs ivoiriens qui exercent dans l’illégalité. Le gouvernement envisage des activités génératrices de revenus ainsi que des programmes de formation professionnelle destinés notamment aux jeunes. Le Premier ministre devra aussi travailler sur l’organisation de la filière aurifère, notamment les comptoirs d’achat, la cartographie du patrimoine minier et la création de raffineries. Le président de la République a demandé au Premier ministre, au ministre chargé de la Défense et aux autres ministres concernés d’appliquer rapidement les mesures arrêtées. Leur mise en œuvre fera l’objet d’un suivi destiné à mesurer l’évolution de l’orpaillage illégal dans le pays.
LSI AFRICA
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