Téné Birahima Ouattara tend la main au Mali et au Burkina Faso sur le terrain sécuritaire
La Côte d’Ivoire se dit prête à rétablir la coopération sécuritaire avec le Mali et le Burkina Faso, interrompue depuis plusieurs mois dans un contexte de tensions diplomatiques. En marge du salon Eurosatory en France, le ministre ivoirien de la Défense, Téné Birahima Ouattara, a estimé qu’aucun pays ne pouvait faire face seul à la menace jihadiste et a plaidé pour une reprise des mécanismes de coordination régionale.
- Sécurité

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Téné Birahima Ouattara.
La Côte d’Ivoire se déclare ouverte à une reprise de la coopération sécuritaire avec le Mali et le Burkina Faso, alors que les trois pays font face à des défis communs liés à l’expansion des groupes jihadistes dans la sous-région. Cette volonté a été exprimée mardi par le vice-Premier ministre et ministre ivoirien de la Défense, Téné Birahima Ouattara, lors du salon international de la défense Eurosatory organisé en France. Les relations entre Abidjan, Bamako et Ouagadougou se sont dégradées à la suite des changements de pouvoir intervenus au Mali en 2020 puis au Burkina Faso en 2022. Depuis l’arrivée de régimes militaires dans ces deux pays, plusieurs mécanismes de coopération ont été suspendus, notamment dans le domaine sécuritaire.
Pourtant, selon le ministre ivoirien de la Défense, la lutte contre les groupes armés exige une coordination régionale. « Je reste convaincu d’une chose : le terrorisme, tel qu’il se présente actuellement, ne peut être vaincu par un État. Il faut qu’il y ait une collaboration, une mutualisation des forces », a-t-il déclaré. Téné Birahima Ouattara a rappelé que des discussions avaient été engagées avec le Burkina Faso afin de conduire des opérations conjointes le long des zones frontalières. Il a toutefois souligné que cette dynamique s’était interrompue en juin 2024. « C’est souhaitable que nous puissions avoir ce type de partenariat pour essayer de faire face au terrorisme », a-t-il indiqué, affirmant que la Côte d’Ivoire demeure prête à reprendre ces échanges si ses voisins en manifestent la volonté.
Le Mali et le Burkina Faso figurent parmi les pays les plus touchés par les violences jihadistes au Sahel. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM/JNIM), affilié à Al-Qaïda, conserve une forte présence dans plusieurs régions de ces deux États, y compris à proximité de la frontière ivoirienne.
La Côte d’Ivoire n’a plus enregistré d’attaque jihadiste meurtrière sur son territoire depuis 2021. Les autorités attribuent cette situation à un important dispositif déployé dans le nord du pays, associé à des programmes destinés à améliorer les conditions de vie des populations vivant dans les zones exposées. « Dès le début, nous avons pensé qu’il fallait d’abord organiser la zone nord, sur un plan militaire mais aussi sur le plan du développement. La misère est un terreau facile pour le terrorisme », a expliqué le ministre, précisant que près de 3 000 militaires sont actuellement mobilisés dans cette partie du territoire.
Le vice-Premier ministre a également réaffirmé l’importance du partenariat entre Abidjan et Paris dans le domaine de la défense. Selon lui, la coopération franco-ivoirienne couvre aussi bien la formation des forces armées que le renseignement et l’acquisition d’équipements militaires. « Que ce soit au niveau de la formation, au niveau du renseignement, au niveau des équipements, il y a une coopération exemplaire avec la France », a-t-il déclaré.
LSI AFRICA avec AFP
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