Djibouti veut réduire sa dépendance alimentaire en relançant son agriculture
Djibouti veut donner davantage de poids à son agriculture malgré la rareté de l’eau et la faibles disponibilité des terres cultivables. Le gouvernement mise sur l’organisation des filières, l’investissement privé et une meilleure gestion des ressources hydriques afin d’accroître la production nationale et de renforcer la sécurité alimentaire.
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Présenté au Premier ministre par le ministre de l’Agriculture, Radwan Abdillahi Bahdon, le programme fixe les priorités du secteur dans le cadre de la Vision Djibouti 2035, qui définit les grandes orientations économiques du pays. Le dispositif repose notamment sur une meilleure articulation des différents acteurs de la chaîne agricole. « Nous devons dépasser la simple juxtaposition de projets pour adopter une logique de filières intégrées, connectant producteurs, financeurs et marchés », a déclaré Radwan Abdillahi Bahdon. Le ministre souhaite que les investissements engagés produisent des résultats quantifiables en matière d’emploi, de rentabilité et de souveraineté alimentaire. Il appelle également à utiliser l’innovation pour répondre aux difficultés liées au climat et à la géographie du territoire.
L’eau placée au centre du dispositif
Avec un climat aride et des surfaces agricoles limitées, Djibouti dispose de faibles capacités de production alimentaire. Son économie repose principalement sur les activités de services et sur sa position au débouché de la mer Rouge, sur l’un des principaux axes maritimes mondiaux. La disponibilité de l’eau constitue l’une des principales difficultés du développement agricole. Radwan Abdillahi Bahdon la qualifie de « condition sine qua non du développement agricole national ». Le programme prévoit donc de faire de la gestion de cette ressource un facteur de productivité, notamment grâce à des solutions techniques adaptées aux conditions climatiques du pays.
Le gouvernement entend parallèlement renforcer la participation du secteur privé. Les financements publics doivent servir de catalyseur aux investissements, tandis que les banques, les partenaires techniques et financiers, les collectivités territoriales et les producteurs sont appelés à contribuer au développement des différentes filières. La répartition présentée par le ministre confie à l’État la création d’un environnement favorable, aux partenaires l’accompagnement et le financement des projets, au secteur privé l’investissement et aux producteurs la conduite des activités agricoles.
Réduire la vulnérabilité alimentaire
Le ministre de l’Économie et des Finances, Ilyas Moussa Dawaleh, a relié les ambitions agricoles du gouvernement aux risques qui pèsent sur l’approvisionnement du pays. Il a cité les tensions géopolitiques autour du détroit d’Ormuz et de Bab-el-Mandeb, les conflits dans la Corne de l’Afrique ainsi que les conséquences des dérèglements climatiques et d’El Niño. « Djibouti ne peut rester spectateur », a-t-il déclaré, appelant à « passer de la dépendance alimentaire à la résilience ».
LSI AFRICA
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