Pêche : le Gabon met fin à son partenariat avec l’Union européenne
Le Gabon a officiellement mis un terme, le 28 juin 2026, à l’accord de pêche qui le liait à l’Union européenne. Conclu pour courir jusqu’en 2031, ce partenariat avait été dénoncé par Libreville en 2025. Le gouvernement estime que ce dispositif ne favorisait ni la transformation locale des ressources halieutiques ni la création d’emplois. Il souhaite désormais définir un nouveau modèle centré sur le développement d’une filière thonière nationale.
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Credit Photo : DT / Archives
Depuis le 28 juin, les navires européens ne sont plus autorisés à pêcher dans les eaux gabonaises. « Jusqu’à nouvel ordre, aucun navire du Vieux Continent ne sera autorisé à pêcher dans les eaux gabonaises », a indiqué N.M.C., conseiller technique au ministère des Pêches. Selon un rapport technique consulté par LSI AFRICA, le Gabon justifie cette décision par la volonté de mieux valoriser ses ressources halieutiques. Le pays dispose du deuxième stock de thon le plus important de la façade est de l’océan Atlantique, derrière la Mauritanie.
Le document estime que l’ancien protocole n’offrait pas les conditions nécessaires au développement d’une industrie locale de transformation ni à la création d’emplois. « Les parties vont se mettre à pied d’œuvre pour convenir d’un modèle qui permettra de bâtir une filière thonière nationale », souligne le rapport.
Un accord jugé peu favorable au Gabon
Le rapport recense plusieurs limites du précédent dispositif. Les autorités évoquent notamment l’absence de débarquement des captures dans les ports gabonais, le manque d’unités de transformation, la faible création d’emplois directs et indirects, la place limitée des opérateurs nationaux dans la chaîne de valeur ainsi qu’une compensation financière jugée insuffisante au regard des volumes pêchés. Selon la même source, le potentiel thonier du Gabon est estimé à 250 000 tonnes. « Les thons séjournent dans les eaux gabonaises la moitié de l’année », précise P.M., expert en gestion des stocks halieutiques. Le rapport rappelle également qu’en 2015, les captures avaient atteint près de 50 000 tonnes, sans générer de retombées économiques durables pour le pays, selon E.N., spécialiste du secteur.
Développer une filière nationale
Le gouvernement souhaite désormais privilégier un modèle reposant sur la transformation locale du thon afin d’accroître la valeur ajoutée créée sur le territoire. Le rapport analyse plusieurs scénarios et en évalue les conséquences sur les plans économique, financier, environnemental, juridique et diplomatique. « L’objectif est de développer une filière thonière performante, durable et créatrice de valeur », explique le Pr Celse Koumba Mabert, directeur général des Pêches et de l’Aquaculture.
Lors de la Quinzaine de l’Europe organisée à Libreville, l’Union européenne a fait part de sa disponibilité pour engager des discussions sur un nouveau partenariat. Selon Bruxelles, l’accord permettait à 33 navires européens d’accéder aux eaux gabonaises afin d’y pêcher des espèces thonières, en contrepartie d’une contribution financière évaluée à environ un million d’euros par mois. « Le thon est considéré comme l’or bleu du Gabon. En le transformant localement au lieu de l’exporter brut, le pays peut créer des usines, des emplois et capter davantage de valeur ajoutée », a conclu C.M.
Aziz Adewale TCHANDI, Libreville
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