PROPOSITION
Gabon : la centrale d’achat comme réponse à la vie chère
Annoncée opérationnelle pour avril 2026, la Centrale d’achat du Gabon (CEAG) est présentée par le gouvernement comme un levier majeur de lutte contre la vie chère. Destinée à stabiliser les prix et à réguler le marché, cette structure suscite toutefois des interrogations parmi les économistes, qui pointent ses limites potentielles dans un contexte marqué par une forte dépendance aux importations et une croissance démographique soutenue.
- Société

Credit Photo : IA.
La Centrale d’achat du Gabon (CEAG) sera fonctionnelle au mois d’avril 2026, selon Thierry Minko, ministre de l’Économie chargé de la lutte contre la vie chère. Cette structure a notamment pour objectif de stabiliser les prix et de réguler le marché. Les derniers obstacles à sa mise en œuvre semblent avoir été levés. Créée par le gouvernement gabonais il y a quelques mois, la Centrale d’achat vise à garantir la quantité, la qualité et le prix des produits. Telles étaient les ambitions déclinées par Henry Claude Oyima, alors ministre de l’Économie et de la lutte contre la vie chère. Si l’initiative est jugée louable, elle pourrait toutefois confronter le pays à certaines difficultés.
L’économiste Louis Ndong, enseignant à l’Université Omar Bongo Ondimba de Libreville, a ainsi identifié trois scénarios possibles. Primo, prévient-il, si le pays dépend excessivement des importations, la centrale d’achat risque de devenir un symptôme récurrent, avec des effets d’entraînement négatifs. En revanche, relève-t-il dans une seconde observation assortie d’un bémol, la centrale d’achat peut constituer un palliatif si le gouvernement parvient à réguler la pénurie et l’inflation. Elle jouerait alors un rôle de stabilisateur, mais à court terme seulement.
La taille de la population, un handicap pour ce projet ?
À la lumière de certaines approches, la taille de la population pourrait constituer un handicap. « Si l’on revisite la théorie de Thomas Malthus, explique l’universitaire, la population augmente de manière géométrique, voire exponentielle, tandis que la production alimentaire progresse de manière arithmétique, ce qui entraîne des déséquilibres socio-économiques et pose des défis en matière de sécurité alimentaire », conclut-il. Pour de nombreux citoyens ordinaires rencontrés, le fonctionnement de la centrale d’achat demeure difficile à appréhender. Tous disent toutefois attendre une baisse effective des prix des denrées de première nécessité.
Alban Migueli, entrepreneur, a pour sa part mis en place depuis une dizaine d’années une association de lutte contre la vie chère. Longtemps raillé pour son engagement, il se réjouit aujourd’hui de voir les autorités prendre le problème à bras-le-corps. « Mais pour que cela fonctionne, il faut fixer des règles claires et surtout les faire respecter », insiste-t-il. Le gouvernement a annoncé pour le mois d’avril 2026 l’opérationnalisation de la Centrale d’achat du Gabon (CEAG). La structure bénéficie d’un statut de société mixte, détenue à 37 % par l’État gabonais et à 68 % par des opérateurs nationaux et du secteur de la distribution.
Selon la Banque mondiale, la population gabonaise a augmenté de 53 939 personnes pour atteindre 2 457 385 habitants en 2024, avec un taux de croissance annuelle de 2,9 %. Le niveau des importations a également progressé, atteignant 382 milliards, soit une hausse de 3,2 %, tandis que le taux de natalité pour la même année est estimé à 30,91 pour mille, un niveau relativement élevé.
Aziz Adewalè Tchandi
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