Gabon : produire localement pour réduire une facture annuelle de 41 milliards FCFA
Le Gabon consacre plus de 41 milliards de FCFA par an à l’importation de riz. Face à cette dépendance, des variétés adaptées aux réalités locales sont désormais disponibles. Reste à structurer la filière pour répondre à une demande estimée à près de 90 000 tonnes par an.
- Société

Credit Photo : DT
Brice Oligui Nguema.
Le Gabon cherche à réduire sa dépendance au riz importé, qui pèse lourdement sur ses finances. Selon des données officielles, plus de 41 milliards de FCFA sont consacrés chaque année à ces importations, alors que la consommation nationale est estimée autour de 90 000 tonnes.
Pour y répondre, les autorités misent sur une augmentation de la production locale. L’objectif affiché est d’atteindre plus de 80 000 tonnes par an à l’horizon 2034. Des travaux de recherche menés ces dernières années ont permis de mettre au point des variétés adaptées aux conditions locales de sol et de climat, avec cinq semences validées au centre d’expérimentation de Kougouleu, près de Libreville.
Ces avancées reposent sur plusieurs années d’expérimentation. Les chercheurs assurent que certaines variétés, dont la « Cheyi », offrent de bons résultats dans les zones à forte pluviométrie. Le pays bénéficie en effet d’un régime de pluies étendu sur une grande partie de l’année, un atout pour la culture du riz. Mais plusieurs freins demeurent. Le système semencier reste insuffisant, limitant la diffusion des variétés adaptées auprès des producteurs. À cela s’ajoute le manque d’aménagements hydro-agricoles, qui réduit les rendements et freine l’extension des surfaces cultivées.
Des zones de production ont pourtant été identifiées, notamment à Ntoum, Tchibanga et dans le Haut-Ogooué. Plus de 7 000 hectares pourraient être mobilisés, entre plateaux et bas-fonds, pour soutenir la filière. Le potentiel existe. Le Gabon dispose de plus de 5 millions d’hectares de terres cultivables, dont une grande partie reste peu exploitée. La réussite du pari rizicole dépendra désormais de la capacité à structurer la production, améliorer l’accès aux semences et renforcer les équipements agricoles.
Aziz Adewalè Tchandi
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