Gabon : le nouveau code de la nationalité adopté, des inquiétudes émergent
Le Gabon a adopté une réforme de son code de la nationalité qui durcit les conditions d’accès et introduit la possibilité de retirer la nationalité en cas d’activités jugées subversives. Une disposition qui alimente un débat sur les libertés et le cadre juridique.
- Société

Crédit Photo : AFP.
Brice Clotaire Oligui Nguema.
Au Gabon, la réforme du code de la nationalité, adoptée le 26 février 2026 et publiée au Journal officiel, marque une évolution importante du cadre juridique en matière d’attribution et de retrait de la nationalité. Selon les autorités, cette révision vise à moderniser un texte datant de la loi du 20 juillet 1999, considéré comme inadapté aux évolutions sociopolitiques et aux engagements internationaux du pays. Elle entend également renforcer le contrôle des conditions d’accès à la nationalité.
Parmi les mesures introduites, le délai requis pour l’acquisition de la nationalité par mariage passe de 3 à 6 ans de vie commune ininterrompue. Une disposition qui, selon certains responsables, vise à limiter les mariages de convenance et à garantir la sincérité des unions. Mais c’est surtout l’article 64 du nouveau code qui concentre l’attention. Celui-ci prévoit la possibilité de retirer la nationalité à tout citoyen reconnu coupable d’activités qualifiées de « subversives et déstabilisatrices » contre les institutions de l’État.
Cette disposition a suscité de nombreuses réactions, notamment dans les milieux juridiques et universitaires. Le juriste Ali Akbar Onanga Yobegue estime qu’un débat national aurait été nécessaire sur un sujet touchant « au pacte fondateur de la nation ». Il s’interroge également sur les conditions d’adoption du texte et sur l’invocation d’une urgence dans la refonte du code. D’autres voix académiques expriment des préoccupations similaires, questionnant l’équilibre entre les impératifs de sécurité et la garantie des droits fondamentaux. Sur les réseaux sociaux, certains internautes redoutent que cette disposition ne limite la liberté d’expression, notamment dans un contexte où les prises de parole en ligne occupent une place croissante.
Du côté de l’administration, certains responsables appellent à une lecture mesurée du texte, estimant que la réforme vise avant tout à encadrer les dérives sans remettre en cause la participation au débat public. Des acteurs de la société civile, en revanche, alertent sur les implications possibles de cette mesure. Pour certains défenseurs des droits, la nationalité constitue un droit fondamental qui ne saurait être assimilé à un statut révocable sans garanties solides.
Aziz Adewalè Tchandi à Libreville.
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