Gabon : l’interdiction des sachets plastiques peine à s’imposer
Adoptée en Conseil des ministres en septembre 2025, l’interdiction des sachets plastiques à usage unique est désormais en vigueur au Gabon. Si les grandes surfaces du Grand Libreville et d’Akanda s’y conforment globalement, l’application de la mesure reste inégale dans les marchés et les commerces de proximité, où les difficultés d’adaptation et le coût des alternatives biodégradables suscitent de nombreuses réticences.
- Environnement

Crédit Photo : IA.
Image d’illustration.
Au Gabon, l’interdiction de l’utilisation des sachets plastiques à usage unique a été actée par le Conseil des ministres au mois de septembre 2025. La mesure est appliquée dans les supermarchés et les supérettes du Grand Libreville et d’Akanda (Nord). En revanche, les commerçants, notamment du Grand marché de Mont-Bouët, ainsi que les tenanciers des boutiques de la banlieue de la capitale et de ses environs, ont du mal à s’y conformer.
D. tient un café très fréquenté au rond-point Avorbam, dans la commune d’Akanda, au nord de Libreville. En plus du café, il propose des sandwichs à ses nombreux clients. Dès l’entrée en vigueur de la décision du gouvernement interdisant l’usage des sachets plastiques, il a eu du mal à se procurer des emballages biodégradables, contrairement aux supermarchés, supérettes et autres grandes surfaces, qui se sont adaptés à la nouvelle donne sans grande difficulté. Quelques semaines plus tard, sourire en coin, nous le retrouvons sur son lieu de travail, utilisant ces emballages. Il nous confiera qu’une dérogation de six mois leur a été accordée, sans toutefois préciser qui en a donné l’ordre.
Un chargé de mission au ministère de l’Environnement, contacté pour en savoir davantage, soutient au contraire qu’il n’en est rien. G.D., cadre de l’administration publique, précise, l’air irrité, que les sachets interdits sont vendus 100 francs et 200 francs l’unité, contre 300 francs CFA, voire jusqu’à 500 francs, pour les modèles désormais autorisés. Selon lui, le gouvernement aurait dû prendre des dispositions en amont avant l’entrée en vigueur d’une telle mesure.
Pour la plupart des personnes qui se sont exprimées sur le sujet, le gouvernement gagnerait à accompagner cette décision d’une subvention, le temps d’une réelle adaptation et appropriation. Par ce choix, le gouvernement gabonais entend protéger l’environnement et la santé publique en réduisant la pollution plastique (bouteilles, sachets). Selon les chiffres fournis par une société privée chargée de la collecte des ordures, environ 36 tonnes de déchets plastiques sont ramassées chaque jour à Libreville. Rappelons que c’est le 7 juin 2024, sous la transition, que la loi contre la pollution a été votée par l’Assemblée nationale.
À Libreville, Aziz Adewale Tchandi, Correspondant LSI AFRICA.
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