Réparations de l’esclavage : le Ghana salue les annonces d’Emmanuel Macron
Le Ghana a salué samedi les prises de position d’Emmanuel Macron sur l’esclavage et la justice réparatrice, y voyant une évolution importante dans les discussions internationales sur les conséquences de la traite transatlantique des Africains.
- Diplomatie

Credit Photo : MFA/GH
À l’occasion du 25e anniversaire de la loi Taubira, qui reconnaît l’esclavage comme crime contre l’humanité, le président français a soutenu l’abrogation symbolique du « Code noir », texte juridique ayant encadré l’esclavage dans les colonies françaises pendant plusieurs siècles. Emmanuel Macron a également admis que ce corpus constituait « une forme d’offense » incompatible avec les principes actuels de la République. Le chef de l’État français a aussi évoqué la question des réparations, estimant que la reconnaissance historique demeurait une étape essentielle. Il a toutefois rappelé qu’aucune réparation ne pourrait effacer totalement les conséquences humaines, économiques et culturelles de la traite négrière.
Dans un communiqué publié à Accra, le ministère ghanéen des Affaires étrangères a accueilli favorablement la volonté affichée par Paris de travailler avec le Ghana sur les questions liées à la justice réparatrice. Les autorités ghanéennes ont notamment mis en avant le projet de création d’une commission scientifique conjointe Ghana-France chargée d’approfondir les travaux historiques et mémoriels.
Le président ghanéen John Mahama a salué « un leadership honnête, ouvert et exemplaire » de la part de son homologue français sur un sujet longtemps resté sensible dans les relations entre l’Afrique et les anciennes puissances coloniales.
Accra a par ailleurs confirmé la présence d’une importante délégation française au sommet international sur les réparations prévu du 17 au 19 juin 2026 dans la capitale ghanéenne. La rencontre réunira des chefs d’État, universitaires, représentants d’organisations internationales et acteurs de la société civile venus d’Afrique, des Caraïbes, des Amériques et d’Europe. Les discussions porteront notamment sur les réparations financières, les excuses officielles, le retour des œuvres et objets historiques, ainsi que les mécanismes destinés à préserver la mémoire de l’esclavage et à prévenir toute répétition de crimes similaires.
Le gouvernement ghanéen a également rappelé qu’une résolution portée par Accra avait été adoptée le 25 mars 2026 par l’Assemblée générale des Nations unies. Soutenu par 123 États membres, ce texte qualifie l’esclavage transatlantique des Africains de « plus grave crime contre l’humanité », renforçant la pression diplomatique autour des questions mémorielles et réparatrices.
LSI AFRICA
Commentaires
Vous souhaitez pouvoir ajouter un commentaire à l'article Réparations de l’esclavage : le Ghana salue les annonces d’Emmanuel Macron, ou faire profiter de votre expérience avec les internautes, ajoutez votre commentaire il sera mis en ligne après validation par notre équipe
Votre commentaire a bien été prise en compte, notre équipe vous envoi un mail de confirmation une fois mis en ligne.
Votre commentaire est en attente de modération. Voir votre commentaire