Guinée-Bissau : promotions, désarmements et purge des relais d’Embaló
Le calme est revenu dans les rues de Bissau, mais les décisions se succèdent au sommet de l’État. Le président de transition Horta Inta-A a promu neuf officiers, tandis que plusieurs militaires réputés proches d’Umaro Sissoco Embaló ont été désarmés ces derniers jours. L’ancien chef de l’État, qui prévoyait de rentrer le 4 octobre afin de préparer sa candidature à la présidentielle de décembre, demeure bloqué hors du pays par une décision du Haut commandement militaire.
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Crédit Photo : AFP.
Horta Inta-A a procédé le 2 octobre à une série de promotions dans la hiérarchie militaire bissau-guinéenne. Tomás Djassi, chef d’état-major général des forces armées et président du Conseil national de transition, est élevé au grade de général d’armée. Samuel Fernandes, son adjoint à l’état-major général, accède au grade de lieutenant-général. José Pogna est promu contre-amiral. Baute Iamta Na Man, Ioba Embaló et Dinis Ncanha accèdent au grade de major-général. Fabian Sagna, Aliu Baldé et Amadu Bari deviennent brigadiers-généraux. Plusieurs de ces officiers occupaient déjà des fonctions majeures depuis la prise du pouvoir par les militaires en novembre 2025. Samuel Fernandes avait notamment été nommé vice-chef d’état-major général en décembre, tandis que José Pogna avait pris les fonctions d’inspecteur général des forces armées. Baute Iamta Na Man, Amadu Bari et Aliu Baldé avaient également reçu de nouvelles responsabilités dans les états-majors.
Des militaires proches d’Embaló désarmés
Plusieurs sources locales et portugaises ont fait état du désarmement de militaires considérés comme proches d’Umaro Sissoco Embaló. Des membres de l’ancien dispositif présidentiel auraient été interpellés ou écartés de leurs positions. Les autorités avaient, de leur côté, présenté une partie de ces mouvements comme de simples réaffectations internes. La présence d’unités lourdement armées reste signalée dans plusieurs secteurs de la capitale. Des paracommandos à béret rouge ont notamment été observés à bord de véhicules Toyota Hilux. Certaines informations font également état de recherches visant des hommes issus de l’ancien dispositif sécuritaire et qui auraient conservé leurs armes. Ces derniers éléments n’ont pas encore fait l’objet d’une communication officielle détaillée.
Embaló maintenu hors du pays
Le Haut commandement militaire a parallèlement refusé le retour annoncé d’Umaro Sissoco Embaló. L’ancien président avait déclaré vouloir regagner Bissau le 4 octobre et déposer sa candidature à l’élection présidentielle prévue le 6 décembre. Le commandement militaire estime toutefois que les conditions de sécurité nécessaires à son retour ne sont pas réunies. Il invoque la protection de l’ordre public et la sécurité nationale. Embaló a depuis appelé ses partisans au calme et affirme toujours vouloir participer au scrutin. Il se trouve actuellement hors de Guinée-Bissau.
Le mouvement touche également l’administration. Plusieurs responsables considérés comme proches de l’ancien chef de l’État ont perdu leurs fonctions ces derniers jours. Nancy Raisa Alves Cardoso et Malam Cissé figurent parmi les personnalités citées dans cette série d’évictions. Des organisations de la société civile réclament parallèlement que l’ancien président ainsi que l’ex-chef d’état-major Biaguê Na N’Tan répondent devant la justice d’accusations liées à des violations présumées des droits humains. Ces accusations n’ont pas encore été tranchées judiciairement.
LSI AFRICA
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