Référendum en Guinée-Bissau : un nouveau régime présidentiel soumis au vote
La Guinée-Bissau vote ce dimanche 30 août sur une profonde réorganisation de ses institutions. Le projet de Constitution soumis à référendum prévoit de renforcer sensiblement les pouvoirs du président de la République, notamment dans la nomination du Premier ministre et du gouvernement.
- Politique

Crédit Photo : AFP.
Les bureaux de vote ont ouvert à 7 heures à Bissau et doivent fermer à 17 heures. Le début des opérations s’est déroulé dans le calme dans la capitale, où les forces de sécurité ont été déployées à plusieurs points sensibles. Les frontières du pays ont également été fermées durant la journée. Les premiers résultats provisoires sont attendus à partir de mardi. Les électeurs doivent répondre par « oui » ou par « non » à une question portant sur l’entrée en vigueur de la Constitution approuvée par le Conseil national de transition (CNT). Cet organe de 65 membres, mis en place après la prise du pouvoir par les militaires, avait adopté le texte à l’unanimité en janvier.
Un nouvel équilibre institutionnel soumis au vote
L’enjeu principal concerne la répartition du pouvoir exécutif. Le texte propose de remplacer le système semi-parlementaire par un régime présidentiel dans lequel le chef de l’État disposerait de prérogatives renforcées. Il pourrait nommer et révoquer le Premier ministre et les membres du gouvernement, mais aussi dissoudre le Parlement. La réforme modifierait ainsi un fonctionnement institutionnel qui accordait un rôle déterminant à la majorité parlementaire dans la désignation du Premier ministre. La Guinée-Bissau a connu à plusieurs reprises des tensions au sommet de l’État liées à la cohabitation du président et d’un gouvernement soutenu par une majorité politique différente. Les promoteurs du projet estiment que la nouvelle architecture réduirait ces conflits institutionnels.
Le texte suscite toutefois une forte contestation politique. Le PAIGC, formation historique du pays, appelle au boycott et critique les conditions dans lesquelles la consultation est organisée. Des organisations de la société civile contestent également la concentration des pouvoirs présidentiels prévue par la réforme et la légitimité d’une révision constitutionnelle conduite par des institutions issues de la transition militaire.
Le référendum constitue le premier grand rendez-vous électoral depuis le coup d’État du 26 novembre 2025, qui avait interrompu le processus de proclamation des résultats des élections présidentielle et législatives. La transition doit théoriquement s’achever avec les scrutins prévus le 6 décembre. Dans un pays marqué par une succession de coups d’État et de crises institutionnelles depuis son indépendance, le résultat de ce dimanche déterminera les règles constitutionnelles qui encadreront le prochain pouvoir civil.
LSI AFRICA
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