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CRISE

Bissau : le PAIGC saisit le Conseil de Sécurité des Nations Unies sur la dérive autoritaire

C'est un document de trois pages que le PAIGC a transmis Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies pour dénoncer une situation socio-politique au bord de l'implosion. Sept mois après le hold-up électoral perpétré par Umaro Sissoco Embalo, le pays risque à nouveau de plonger dans un chaos sans nom. 

Crédit Photo : AFP / Paris
Crédit Photo : AFP / Paris

Domingos Simoes Pereira, candidat du PAIGC à la présidentielle de Décembre 2019.

La Cour suprême de la Guinée-Bissau n'ayant toujours pas validé les résultats du scrutin du 29 Décembre 2019, le candidat Umaro Sissoco Embalo, donné vainqueur par la Commission électorale, s'est autoproclamé président de la république depuis fin Février 2020. Alors que le pays espérait tourner le dos aux années sombres de son histoire, tout porte à croire que l'actuel locataire de la présidence bissau-guinéenne fait courir un grand risque au pays. Dans un mémorandum adressé au Conseil de sécurité de l'ONU, dont nous avons eu copie, le PAIGC peint un tableau macabre du système Embalo et dénonce le silence coupable et les liens flous entretenus par certains membres de la CEDEAO et Umaro Sissoco Embalo. 

Pour le Parti africain de l'Indépendance de la Guinée-Bissau et des Îles du Cap-Vert, le  contentieux électoral devant la Cour Suprême n’est toujours pas vidé. "Contrairement à certaines affirmations, la Cour Suprême n’est pas restreinte à un délai pour statuer sur le contentieux électoral. La Loi ne détermine aucun délai pour la décision de la Cour Suprême en matière de contentieux électoral en Guinée-Bissau", peut-on ainsi lire dans le document. Mais le PAIGC est allé plus loin dans son mémorandum. Le plus vieux parti politique de la Guinée-Bissau a dénoncé les différentes prises de position ambigües de la Communauté économique des États de la l´Afrique de l'ouest.

En reconnaissant Umaro S. Embalo le 22 Avril 2020, comme president de la Guinée-Bissau, l'institution sous-régionale a violé les lois fondamentales en vigueur dans le pays et imposé un président non représentatif des votes d'une grande majorité des bissau-guinéens. Le président autoproclamé de la Guinée-Bissau n'a pas non plus respecté les recommandations de la CEDEAO, qui "demandait à Mr. Embaló de nommer un nouveau Premier Ministre et un nouveau gouvernement au plus tard le 22 Mai, tout en respectant les résultats issus des élections législatives de mars 2019", a rappelé le PAIGC qui a dénoncé "un manque de fermeté de la CEDEAO à faire respecter ses propres décisions". Une situation qui a depuis, favorisé un environnement de violences, d'insécurité, de persécutions des opposants. 

Pour le PAIGC, "le processus qui a conduit à la tenue de la séance plénière du Parlement du 29 Juin 2020, pour l´approbation du Programme du gouvernement, a été entaché d’irrégularités, notamment, la composition du Bureau du Parlement". Fait inédit et surréaliste, "cinq ministres ayant démissionné pour reprendre leurs sièges de députés à la veille de la séance plénière, ont été reconductions aux mêmes postes ministériels le lendemain du vote du programme du gouvernement", a indiqué le PAIGC dans son mémorandum. 

Pour faciliter sa prise de pouvoir, Umaro Sissoco Embalo s'était appuyé sur l'armée. Cette dernière, aux premières heures de la prise de pouvoir de U. S. Embalo, a envahi les institutions républicaines avec des armes lourdes en violation des dispositions constitutionnelles. Aristides Gomes, premier ministre reconnu par la communauté internationale a ainsi échappé coup sur coup à un kidnapping et un assassinat. Pendant ce temps, le trafic de drogue reprenait de plus bel en Guinée-Bissau. Selon plusieurs notices du département d'Etat américain, les activités des narcotrafiquants se sont intensifiées en Guinée-Bissau devenue la plaque tournante de la cocaïne en Afrique de l'Ouest. Plusieurs responsables de l'Armée et des membres du gouvernement devraient faire l'objet de sanctions ciblées dans les semaines à venir. 

Pour le PAIGC et son candidat Domingos Simões Pereira, la Communauté internationale doit clarifier sa position vis-à-vis du pouvoir de Bissau, se désolidariser des manœuvres politiciennes et ambiguës de la CEDEAO, et sauver tout un pays en passe de devenir un pandémonium. 

Adrien Meunier pour LSI AFRICA

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