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RÉFÉRENDUM

Guinée-Bissau : neuf mois après le putsch, le pays s’apprête à renforcer les pouvoirs du président

Les Bissau-Guinéens sont appelés aux urnes dimanche 30 août pour se prononcer sur une nouvelle Constitution qui modifierait profondément l’organisation du pouvoir. Le texte renforce les prérogatives présidentielles, réduit le Parlement de 102 à 65 sièges et revoit le découpage électoral. Le scrutin se tient neuf mois après le coup d’État de novembre 2025 et à quelques mois des élections présidentielle et législatives annoncées en décembre.

 

 

Crédit Photo : DT
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Le projet soumis aux électeurs redistribue une partie importante des pouvoirs au profit de la présidence. Dans le système actuel, le Parlement désigne le Premier ministre, qui constitue ensuite son gouvernement. Si le nouveau texte est adopté, cette compétence reviendra au président, qui pourrait nommer et révoquer le chef du gouvernement ainsi que les ministres. Le président pourrait également créer ou supprimer des ministères, diriger le Conseil des ministres et, dans certaines situations prévues par le texte, mettre fin aux fonctions du gouvernement. La dissolution du Parlement deviendrait également possible en cas de crise politique grave. La réforme toucherait directement la représentation nationale. Le nombre de députés serait ramené de 102 à 65, tandis que les circonscriptions électorales passeraient de 29 à 12. Manuel Nobre de Barros, professeur à l’Université Lusófona de Guinée-Bissau, estime que cette réduction pourrait diminuer le poids des partis fortement implantés dans certaines zones du pays. Il considère plus généralement que la réforme concentre une part importante du pouvoir politique autour de la présidence.

La présidentielle également concernée

Les règles d’éligibilité à la magistrature suprême seraient elles aussi modifiées. Le projet exige des candidats à la présidence une résidence permanente en Guinée-Bissau durant les cinq années précédant l’élection. Cette disposition ne figure pas dans la Constitution actuelle. Celle-ci impose notamment d’être Bissau-Guinéen de naissance, d’avoir au moins 35 ans et de disposer de ses droits civils et politiques. La portée de cette modification sera particulièrement observée à l’approche des prochaines élections, puisqu’elle pourrait déterminer l’éligibilité de personnalités ayant vécu hors du territoire national durant les dernières années.

Le référendum intervient après une année particulièrement mouvementée. Le coup d’État du 26 novembre 2025 avait interrompu le processus électoral à la veille de l’annonce attendue des résultats de la présidentielle. Le général Horta N’Tam avait ensuite été installé à la tête de la transition. Les élections générales sont annoncées pour le 6 décembre 2026. Si la nouvelle Constitution est approuvée le 30 août, le pays abordera donc ce rendez-vous électoral avec des institutions profondément remaniées.

LSI AFRICA

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