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PRESIDENTIELLE

Guinée-Bissau : après le « coup d’État cérémoniel », Embalo candidat à la présidentielle

Dix mois après un coup d’État dont la réalité avait été mise en doute par plusieurs acteurs régionaux, Umaro Sissoco Embalo prépare son retour en Guinée-Bissau. L’ancien président annonce sa candidature au scrutin du 6 décembre, ravivant les interrogations sur les événements qui avaient interrompu la présidentielle de novembre 2025.

Crédit Photo : AFP.
Crédit Photo : AFP.

Umaro Sissoco Embalo veut reprendre la compétition électorale là où elle s’était brutalement arrêtée. L’ancien chef de l’État bissau-guinéen a déclaré lundi 28 septembre à l’AFP qu’il serait candidat à l’élection présidentielle du 6 décembre, organisée afin de rendre le pouvoir aux civils. Il promet également de rentrer « au bercail », sans communiquer de date. Des militants de son camp évoquent le 4 octobre. Cette échéance n’a toutefois pas été confirmée par Embalo auprès de l’AFP. Le général Horta N’Tam, président de la transition, a pour sa part déclaré qu’aucun obstacle de principe ne s’opposait au retour d’un citoyen bissau-guinéen qui n’aurait rien à se reprocher.

Un putsch contesté dès les premières heures

Le 26 novembre 2025, trois jours après l’élection présidentielle, des militaires annoncent leur prise de pouvoir, suspendent le processus électoral et écartent Umaro Sissoco Embalo. Les résultats provisoires devaient être rendus publics le lendemain. La manière dont le pouvoir bascule suscite rapidement des interrogations. Embalo annonce lui-même à des médias internationaux qu’il vient d’être renversé et qu’il se trouve aux mains des militaires. Il conserve alors la possibilité de communiquer avec l’extérieur, situation inhabituelle lors d’une prise de pouvoir militaire.

Le général Horta N’Tam prend ensuite la direction de la transition. Ce choix nourrit davantage les soupçons : le nouvel homme fort de Bissau est un proche d’Embalo et avait occupé les fonctions de directeur de cabinet du président avant d’être promu chef d’état-major. Surtout, le coup de force met immédiatement fin au processus électoral. Aucun résultat définitif de la présidentielle du 23 novembre n’est proclamé. L’opposition affirme alors que son candidat, Fernando Dias da Costa, était en position de l’emporter. Embalo revendiquait lui aussi la victoire.

Goodluck Jonathan parle d’un « coup d’État cérémoniel »

Les doutes ne restent pas cantonnés à l’opposition bissau-guinéenne. Goodluck Jonathan, ancien président du Nigeria et membre de la mission d’observation électorale présente à Bissau, remet publiquement en cause la nature des événements. Il évoque un « coup d’État cérémoniel » et s’interroge notamment sur le fait qu’Embalo ait pu annoncer lui-même son renversement et continuer à communiquer avec des journalistes alors qu’il était supposément détenu. Au Sénégal, Ousmane Sonko adopte une position tout aussi sévère. Devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre sénégalais à l'époque des faits, déclare : « Ce qui s’est passé en Guinée-Bissau, nous savons tous que c’est une combine. Et ce n’est pas normal. » Il réclame alors la poursuite du processus électoral et le respect du verdict des urnes.

Après son départ de Bissau, Umaro Sissoco Embalo passe par le Sénégal, puis par le Congo-Brazzaville, avant de séjourner notamment au Maroc. Dix mois après son éviction, le voici désormais prêt à revenir dans son pays et à briguer de nouveau la présidence. Le général Horta N’Tam, ancien proche d’Embalo devenu chef de la transition, ne peut quant à lui être candidat selon la Charte de la Transition adoptée en décembre 2025.

LSI AFRICA

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