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RISPOSTE

Biens mal acquis: la Guinée équatoriale dénonce une violation du principe d'égalité souveraine

La nouvelle avait l'effet d'une bombe le Mercredi 28 juillet dernier. Le vice-président de Guinée équatoriale Teodorin Obiang avait été définitivement condamné par la justice française estimant que ce dernier  s'est constitué frauduleusement un patrimoine luxueux dans un volet de l'affaire des "biens mal acquis", après le rejet de son pourvoi par la Cour de cassation. 48h après l'annonce de cette décision, le gouvernement équato-guinéen a vivement protesté dans un communiqué de presse transmis à LSI AFRICA.

Crédit Photo : AFP
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Teodoro Obiang Nguema, président de la Guinée équatoriale.

Teodorin Obiang, 52 ans, avait été condamné par la cour d'appel de Paris en février 2020 à trois ans de prison avec sursis, 30 millions d'euros d'amende et la confiscation de tous ses biens saisis pour "blanchiment d'abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics et d'abus de confiance" entre 1997 et 2011. À Malabo, la dernière décision de la cour de cassation passe mal. Le pays a réagi 48h après cette décision dans un communiqué officiel dont les termes ont été minutieusement choisis. "Le Gouvernement de la Guinée équatoriale rejette catégoriquement et dénonce devant la communauté nationale et internationale la décision rendue par la Cour de cassation", pouvait-on lire au début du communiqué qui porte le sceaux de l'ambassade de la Guinée équatoriale à Paris. Le pays estime que "la justice française est non seulement incompétente pour juger de prétendus événements survenus en Guinée équatoriale, mais encourage un rapport de supériorité de l'Etat francais vis-à-vis de la G.E", indique le communiqué. 

Les investigations sur les "biens mal acquis" de dirigeants africains et de leur entourage avaient véritablement démarré en 2010 sur la base de plaintes des ONG Sherpa et Transparency international. Les volets concernant les familles Bongo au Gabon et Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville sont toujours en cours d'instruction, et d'autres dignitaires étrangers ont depuis été visés par des procédures similaires. La justice française a estimé à 150 millions d'euros les sommes blanchies en France par Teodorin Obiang, fils du président de Guinée équatoriale. Il aurait notamment acquis un hôtel particulier de près de 3.000 m2 avenue Foch, dans l'un des quartiers les plus huppés de Paris. Cinéma, hammam, marbre et robinets en or: la bâtisse a été estimé à 107 millions d'euros.

Depuis la condamnation de son vice-président, les autorités de la Guinée équatoriale sont vent debout. Le pays veut saisira le comité international des droits civils et politiques des Nations Unies, mais aussi la Cour européenne des droits de l'homme, car il estime que "le droit à un portes équitable a été violé par la Justice française. Le gouvernement équato-guinéen informe donc les autorités françaises et la communauté internationale, qu'elle pourrait appliquer le principe de la réciprocité en ce qui concerne la vente et la confiscation de l'immeuble situé au 42, avenue Foch à Paris, car cette décision " viole l'Accord pour la promotion et la protection réciproque des investissements entre les deux États, signés le 3 Mars 1982 à Paris.

Teodorin Obiang étant définitivement condamné par la justice française, la Guinée équatoriale appelle Communauté internationale à une action concertée face à la gravité des actes des tribunaux français. La Guinée équatoriale a annoncé lundi 26 juillet dernier, la fermeture de son ambassade à Londres après des sanctions, considérées par Malabo comme "illégales", imposées pour des faits de corruption par le Royaume-Uni contre le fils du président Teodoro Obiang Nguema.

Céline Martin

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