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Le département d’État américain met en cause des fonctionnaires kényans soupçonnés d’avoir facilité l’enrôlement de plus de 1 000 de leurs compatriotes dans l’armée russe engagée en Ukraine. Dans son rapport 2026 sur la traite des personnes, publié jeudi 8 octobre, Washington décrit un système de recrutement impliquant des agences privées et des représentants russes, avec la complicité présumée d’agents de l’administration kényane.
- Sécurité

Crédit Photo : DT
Des fonctionnaires kényans auraient participé, aux côtés d’intermédiaires privés et de représentants du gouvernement russe, à des opérations de recrutement frauduleux destinées à fournir des combattants à Moscou. C’est l’une des accusations formulées par le département d’État américain dans son rapport annuel consacré à la traite des êtres humains. Selon Washington, des candidats auraient été attirés par des promesses d’emplois rémunérateurs, notamment dans le bâtiment et la sécurité. Plusieurs auraient ensuite subi des pressions afin de signer des contrats militaires avec le ministère russe de la Défense, sans avoir été initialement informés de la véritable nature de leur recrutement.
Des soupçons de complicité au sein de l’administration
Le rapport américain soulève également des interrogations sur le traitement judiciaire de ces affaires au Kenya. Il reproche notamment au gouvernement de ne pas avoir signalé de poursuites contre certaines agences de placement soupçonnées de traite de personnes, dont plusieurs seraient détenues par des agents publics. Washington fait état d’enquêtes visant des fonctionnaires soupçonnés de corruption et relève que certaines procédures engagées contre des recruteurs auraient concerné des infractions administratives plutôt que des faits de traite. Ces accusations rejoignent des informations présentées en février devant le Parlement kényan. Le chef de la majorité, Kimani Ichung’wah, avait alors indiqué que les services de renseignement avaient recensé plus de 1 000 ressortissants recrutés au profit des forces russes. Les investigations avaient notamment révélé l’utilisation de circuits de voyage passant par plusieurs pays tiers. L’ambassade de Russie à Nairobi avait contesté les accusations relatives à l’organisation de recrutements illégaux, tout en rappelant que la législation russe autorisait l’engagement volontaire de ressortissants étrangers dans son armée.
Nairobi tente d’obtenir le retour de ses ressortissants
Le sort des Kényans engagés dans le conflit mobilise également la diplomatie de Nairobi. Le ministre des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi, a présenté jeudi devant le Parlement un bilan faisant état de 84 ressortissants morts ou portés disparus. D’autres seraient toujours déployés sur le front, hospitalisés ou détenus en Ukraine. En mars, le gouvernement kényan avait annoncé avoir obtenu de Moscou l’engagement de mettre fin au recrutement de nouveaux ressortissants du pays et de faciliter le retour de ceux souhaitant quitter les forces russes.
LSI AFRICA
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