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Libéria : le gouvernement interdit l’exportation de caoutchouc brut pour développer la transformation locale

Le gouvernement libérien met fin aux exportations de caoutchouc naturel non transformé à partir du 1er juillet 2026. Cette décision vise à développer l’industrie nationale, favoriser la création d’emplois et augmenter les revenus tirés d’une filière essentielle pour l’économie du pays.

Crédit Photo : DT
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Image d’illustration.

Le président libérien, Joseph Nyuma Boakai, a signé un décret exécutif interdisant, à compter du 1er juillet 2026, l’exportation de caoutchouc naturel non transformé. Cette mesure entend réorienter une plus grande part de la production vers les unités de transformation installées sur le territoire national et accroître la valeur ajoutée de l’une des principales ressources d’exportation du Libéria. Selon un communiqué publié vendredi par la présidence, le décret exécutif n°166 s’inscrit dans le programme gouvernemental ARREST dédié au développement inclusif. Le gouvernement souhaite stimuler l’activité industrielle, soutenir l’emploi, élargir l’assiette fiscale et encourager le développement d’une filière manufacturière autour du caoutchouc.

Le texte interdit désormais l’exportation de toutes les formes de caoutchouc naturel non traité, notamment le latex brut, le coagulum, les morceaux de caoutchouc, les résidus d’écorce et les autres dérivés non transformés. En revanche, les produits issus d’une première transformation industrielle, comme le caoutchouc techniquement spécifié (TSR), les feuilles fumées, le caoutchouc crêpe et le latex concentré, restent autorisés à l’exportation.

Un dispositif de contrôle renforcé

L’exécutif libérien estime que la vente de matières premières sans transformation a limité les retombées économiques de la filière en matière d’industrialisation, d’emplois et de recettes publiques. Il souligne également que les précédents mécanismes de régulation n’ont pas permis d’atteindre les résultats attendus, ce qui justifie l’adoption d’un cadre plus strict. Le décret prévoit des sanctions financières importantes. Les entreprises reconnues coupables d’une première infraction pourront être condamnées à une amende pouvant atteindre 100 000 dollars, tandis que les petits producteurs encourront des pénalités allant jusqu’à 50 000 dollars. Les cargaisons concernées seront confisquées et les exportateurs récidivistes risqueront le retrait définitif de leur autorisation d’exporter. Les compagnies maritimes et les intermédiaires participant à des expéditions illégales pourront également être poursuivis.

L’application de cette interdiction sera assurée conjointement par le ministère de l’Agriculture, le ministère du Commerce et de l’Industrie, le ministère des Finances, l’Autorité fiscale libérienne, le Fonds de développement du caoutchouc, ainsi que les services des douanes et les autorités portuaires. Le gouvernement prévoit également d’adopter, dans un délai de trente jours, de nouvelles dispositions destinées à faciliter l’accès des producteurs, notamment en milieu rural, au marché intérieur. Des incitations fiscales, des financements concessionnels et des investissements dans les infrastructures accompagneront cette politique afin de soutenir l’émergence d’une industrie nationale spécialisée dans la fabrication de pneus, de gants, de chaussures et d’autres produits finis à base de caoutchouc.

Le décret restera applicable jusqu’à son éventuelle modification ou son abrogation par le Parlement. Son impact sur la filière et sur le développement industriel du pays fera l’objet d’une évaluation annuelle.

LSI AFRICA

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