Libye : les insultes de Donald Trump provoquent un tollé à Tripoli et Benghazi
Les déclarations offensantes du président américain Donald Trump sur la Libye ont suscité une vive condamnation dans le pays. Le ministère des Affaires étrangères à Tripoli a convoqué le chargé d’affaires américain, tandis que Saddam Haftar, commandant en chef adjoint de l’armée basée dans l’Est, réclame une protestation officielle auprès de Washington. Le gouvernement de Benghazi exige, de son côté, des excuses du président américain.
- Politique

Crédit Photo : DT
Les propos tenus samedi 24 octobre par Donald Trump lors d’un rassemblement politique en Géorgie ont provoqué une série de réactions officielles en Libye. Le président américain a employé des termes insultants pour désigner plusieurs pays, dont la Libye, le Yémen, la Somalie et Haïti. À Tripoli comme à Benghazi, les responsables politiques et militaires ont dénoncé une atteinte à la dignité nationale.
Saddam Haftar appelle à une réponse ferme
Le lieutenant-général Saddam Haftar, commandant en chef adjoint de l’armée basée dans l’Est libyen, a vivement condamné les déclarations du président américain. Il juge inadmissible qu’un dirigeant étranger porte atteinte à la dignité d’un pays et de sa population au nom de considérations électorales ou de politique intérieure. Rappelant la souveraineté et l’indépendance de la Libye, Saddam Haftar a demandé aux institutions compétentes de déposer une protestation diplomatique officielle auprès de Washington et d’exiger une réponse appropriée. Il a toutefois réaffirmé la volonté de son pays de préserver des relations amicales et une coopération avec les États-Unis, fondées sur le respect mutuel.
Benghazi réclame des excuses officielles
Le gouvernement installé dans l’Est libyen a également réagi avec fermeté. Dans sa condamnation, il a exigé des excuses officielles de Donald Trump. L’exécutif de Benghazi a par ailleurs accusé le président américain d’avoir fréquenté l’île liée au financier Jeffrey Epstein, condamné pour des infractions sexuelles. Cette accusation, formulée dans sa réaction politique, ne suffit pas à établir la réalité d’une telle visite.
Le ministère libyen des Affaires étrangères, basé à Tripoli, a convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis afin de lui transmettre une protestation officielle contre les déclarations de Donald Trump. Le Premier ministre du gouvernement d’unité nationale, Abdelhamid Dbeibah, a également rejeté les insultes du président américain. Il a rappelé les sacrifices consentis par les Libyens dans la lutte contre le terrorisme et insisté sur le respect de la souveraineté nationale. Les condamnations exprimées à Tripoli et Benghazi témoignent d’une position commune sur la défense de la dignité du pays, malgré la division institutionnelle qui oppose les deux administrations. Les responsables libyens affirment vouloir maintenir leur coopération avec Washington, tout en exigeant que les relations bilatérales respectent la souveraineté et la dignité de chaque nation.
LSI AFRICA
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