Madagascar : le nouveau dispositif d’importation des carburants inquiète le secteur pétrolier
À Madagascar, une décision de l’État sur l’organisation des importations pétrolières provoque l’inquiétude des principaux distributeurs. Le Groupement pétrolier de Madagascar (GPM) affirme que la réquisition des capacités de stockage du terminal de Toamasina empêche le déchargement d’un navire attendu le 12 août avec du gasoil, de l’essence sans plomb et du pétrole lampant.
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Image d’illustration.
Le 12 août devait constituer une opération habituelle d’approvisionnement du marché malgache. Le Groupement pétrolier de Madagascar (GPM) avait réservé une cargaison de gasoil, d’essence sans plomb et de pétrole lampant destinée aux besoins nationaux. Le calendrier a été bouleversé par l’arrivée annoncée, le même jour, d’un autre tanker affrété via une entité habilitée par l’État et transportant uniquement du gasoil. Un décret pris le 4 août a parallèlement placé les capacités de stockage du terminal pétrolier de Toamasina sous réquisition. Conséquence avancée par le GPM : les volumes nécessaires à la réception de sa cargaison ne sont plus disponibles et le déchargement prévu devient impossible.
L’essence et le pétrole lampant, principal point de vigilance
Le gasoil acheminé à l’initiative de l’État peut répondre à une partie des besoins du marché. Il ne remplace cependant pas l’intégralité de la cargaison commandée par les distributeurs, puisque celle-ci comprend deux autres produits. C’est sur ce point que le GPM concentre son alerte. Si son tanker ne décharge pas, les volumes d’essence sans plomb et de pétrole lampant initialement programmés ne rejoindront pas les stocks nationaux selon le calendrier prévu. L’organisation professionnelle évoque un risque de déséquilibre dans les réserves et de complications dans la distribution. Elle ne fait toutefois état d’aucune pénurie effective à ce stade. Les entreprises concernées pourraient aussi supporter les conséquences financières d’une cargaison commandée mais impossible à réceptionner, ainsi que d’éventuels manquements aux contrats conclus avec leurs fournisseurs.
Six opérateurs contestent la méthode retenue
Le différend engage une partie importante de l’industrie pétrolière malgache. Créé en 2003, le GPM rassemble Galana Distribution Pétrolière, Galana Raffinerie Terminal, Jovena Madagascar, la Société Malgache des Pétroles Vivo Energy, TotalEnergies Marketing Madagasikara et Logistique Pétrolière. Ces entreprises reprochent au gouvernement d’avoir modifié l’organisation des importations sans concertation préalable suffisante. Elles déclarent rester disponibles afin de rechercher une solution, mais préviennent qu’elles ne pourront assumer la responsabilité de perturbations directement liées à des décisions affectant des commandes déjà engagées. Le désaccord avait commencé avant la réquisition de Toamasina. Le 7 juillet, le GPM avait contesté les conditions d’adoption de la loi n°021/2026, qui redéfinit les principes de fonctionnement de l’aval pétrolier et prévoit l’intervention d’une entité habilitée par l’État. Les professionnels demandaient alors à participer à l’élaboration des textes d’application.
La situation du terminal constitue désormais le premier test opérationnel majeur de cette réorganisation. À court terme, la question sera surtout de déterminer si une solution logistique permettra de réceptionner les différents carburants attendus sans perturber l’alimentation du marché malgache.
LSI AFRICA
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