Madagascar : un nouveau gouvernement dans la continuité, sans ouverture à la Gen Z
Les services du nouvel homme fort de Madagascar ont annoncé mercredi la composition du nouveau gouvernement, dont plus de la moitié des membres ont été reconduits, et toujours en l'absence de représentants de la Gen Z, a constaté une journaliste de l'AFP à Antananarivo.
- Politique

Crédit Photo : AFP
Le colonel Michaël Randrianirina, qui a pris le pouvoir en octobre dans la foulée d'un vaste mouvement de contestation du mouvement Gen Z, avait procédé au limogeage de son premier gouvernement le 9 mars, sans donner d'explications. Il avait désigné le 15 mars son nouveau premier ministre, Mamitiana Rajaonarison, un ancien officier de gendarmerie qui dirigeait depuis 2021 le Service de renseignement financier de Madagascar (Samifin). Le colonel Randrianirina, investi en octobre président d'une «refondation» politique, et son premier ministre travaillaient depuis à la composition du nouveau gouvernement, avec cette particularité que les candidats seraient soumis au détecteur de mensonge. Ainsi, avait expliqué le dirigeant de 52 ans, «on saura qui est corrompu et qui pourra nous aider, qui va trahir la lutte des jeunes».
«On ne cherche pas quelqu'un de propre à 100%, mais à plus de 60%. De cette manière, Madagascar pourra enfin se développer. C'est pour ça que ça prend du temps», avait-il ajouté. Mercredi, le secrétaire général de la présidence malgache a annoncé la nomination d'une équipe d'une trentaine de ministres, dont 17 ont été reconduits, y compris à la tête de ministères clés comme l'Intérieur, l'Économie, la Justice et la Refondation. Parmi les nouveaux venus, Alice N'Diaye, ancienne responsable de la Commission de l'Océan Indien, prend la tête des Affaires étrangères et Radonirina Lucas Rabearimanga, de l'Office malgache des hydrocarbures, devient ministre de l'Énergie et des hydrocarbures.
Une transition politique de deux ans
Ce dernier sera sans doute confronté aux répercussions de la guerre au Moyen-Orient sur l'approvisionnement de la Grande île en carburants, où les prix à la pompe sont encore subventionnés. «Les conditions de nomination des ministres ont été réalisées sur la base d'utilisation de nouvelles technologies pour mettre en avant leur intégrité», a déclaré le président malgache dans son discours mercredi. «Je serai impitoyable : si un cas de corruption est remonté au niveau d'un ministère, le ministre sera déchu immédiatement», a-t-il averti. Le colonel Randrianirina rejette les accusations de coup d'État, insistant sur le fait que la Cour constitutionnelle lui a «transféré le pouvoir». Il s'est engagé à mener une transition politique de deux ans, détaillée dans une feuille de route publiée fin février.
Le plan de transition prévoit de vastes consultations nationales en 2026, la rédaction d'une nouvelle constitution et une élection présidentielle pour fin 2027. L'unité du colonel, le Capsat, avait rejoint en octobre le mouvement de contestation populaire entamé un mois auparavant. Le président d'alors, Andry Rajoelina, et son entourage avaient fui la Grande île avec l'aide de la France.
LSI AFRICA avec AFP
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