Madagascar : le gouvernement fait marche arrière sur la taxation du riz importé
Madagascar renonce, temporairement, à taxer davantage le riz de luxe importé. Le gouvernement a suspendu le droit de douane de 20 % et la TVA de 5 % prévus dans la loi de finances rectificative 2026. L’exécutif invoque une production locale encore insuffisante à l’approche de la période de soudure.

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Le gouvernement malgache revoit temporairement sa politique fiscale sur le riz importé. Les nouvelles dispositions prévoyaient de soumettre le riz de luxe à un droit de douane de 20 % et à une TVA de 5 %. Leur application est suspendue afin de maintenir un approvisionnement suffisant du marché et de limiter la pression sur les prix. Le ministère du Commerce reconnaît que la production nationale ne permet pas encore de satisfaire toute la demande. La période de soudure, attendue prochainement, rend la question plus sensible : les disponibilités alimentaires diminuent traditionnellement avant les nouvelles récoltes, avec un risque de tension sur les prix. La loi de finances rectificative prévoit une réduction des dépenses fiscales de 290 milliards d’ariary, conformément aux engagements pris avec le Fonds monétaire international. La taxation des importations de riz figurait parmi les mesures destinées à améliorer les recettes. Son report oblige donc l’exécutif à concilier deux impératifs : préserver l’approvisionnement et poursuivre ses objectifs budgétaires.
Plus de 408 000 tonnes importées en six mois
Le poids des importations reste considérable. Madagascar avait acheté à l’étranger plus de 800 000 tonnes de riz en 2025. Durant le seul premier semestre 2026, les importations atteignaient déjà 408 667 tonnes, selon la Direction générale des douanes. Ces volumes témoignent de la place encore occupée par le riz étranger malgré la volonté affichée de réduire progressivement la dépendance du pays. Le ministère du Commerce compte néanmoins maintenir le contrôle instauré en mars : les importateurs doivent effectuer une déclaration préalable permettant à l’administration de suivre les quantités introduites sur le marché. La filière nationale a par ailleurs subi plusieurs difficultés depuis le début de l’année. Les cyclones Fytia et Gezani ont affecté certaines zones de production, tandis que l’accumulation de stocks avait contribué à une baisse des prix en début d’année.
Plus de 5 millions de tonnes attendues en 2026
La production nationale est projetée à plus de 5 millions de tonnes en 2026, contre 4,7 millions l’année précédente. Cette progression attendue ne règle cependant pas toutes les difficultés de la filière. L’acheminement du paddy depuis certaines régions productrices reste pénalisé par l’état des infrastructures routières, tandis que les circuits de commercialisation et la formation des prix continuent de peser sur la compétitivité du riz local. La suspension de la fiscalité sur le riz de luxe est annoncée comme temporaire. Sa durée dépendra notamment de l’évolution de l’offre nationale, des stocks et des besoins du marché.
LSI AFRICA
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