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Burkina Faso: Mamadou Ouédraogo, le visage de la cryptomonnaie

L’Afrique subsaharienne est devenue au mois d'Août 2021, la région qui a acquis le plus de cryptomonnaies, passant devant l’Amérique du Nord. Même si les réticences continuent d'habiter les populations africaines dans une large majorité, certains pays comme le Burkina Faso tentent d'inverser la tendance. Dans ce petit pays de l'Afrique de l'Ouest, Mamadou Ouedraogo incarne le visage de la cryptomonnaie.

Crédit Photo : LG.
Crédit Photo : LG.

Mamadou Ouédraogo, CEO LOKRE Group Sarl.

Le montant des acquisitions dans le domaine de la cryptomonnaie en Afrique subsaharienne continue de battre des records, selon plusieurs études.  A titre d’exemple, l’équivalent de 20,5 millions de dollars ont été acquis par les usagers subsaharienne du 6 au 12 Septembre 2021, contre 20 millions en Amérique du Nord. Dans cette partie de l’Afrique, les acquisitions sont supérieures de 50 % aux volumes en Asie-Pacifique et représentent trois fois celles de l’Amérique latine et deux fois les acquisitions de l’ensemble des autres pays du monde réunis. Le pionnier reste le géant ouest-africain, le Nigeria. Dans ce pays qui compte plus de 200 millions d’habitants, 42% de la population ont déjà eu recours à la cryptomonnaie. Mamadou Ouedraogo, jeune opérateur économique de 35 ans, patron de LOKRE Group Sarl au Burkina Faso, définit à sa façon cette nouvelle tendance sur le continent:"la crypto-monnaie est une monnaie électronique reposant sur des algorithmes cryptographiques super sécurisés appelés « Blockchain ». Concrètement, la « Blockchain » sert de registre de transaction des monnaies électroniques. C’est un peu comme la technologie des opérateurs GSM utilisée pour faciliter les transactions de mobile money dans nos pays. Mais il faut dire qu’au-delà de la monnaie électronique, le principe de la « Block Chain » est en plein essor à travers le monde, attirant investisseurs et banques. Certains experts affirment que d'ici 2025, 10 % du PIB mondial circulera sur des « Block Chain ».

Né en Côte d'ivoire en 1986, dans une famille assez modeste, Mamadou Ouédraogo n'a pas atterri au hasard dans la cryptomonnaie. Son parcours est celui d'un jeune africain sans moyens, ni héritage, qui par la force, l'abnégation et parfois des concours de circonstances, a su atteindre depuis quelques années un niveau de vie qu'il a toujours souhaité. MO, n'est pas l'entrepreneur qui a démarré avec 0 franc dans la poche. Plusieurs habitants de Ouagadougou se souviennent de ce jeune, titulaire d'un BEPC, qui a abandonné ses études faute de moyens, mais qui tenait une petite salle de cinéma de fortune appelée "vidéo club" avec une rémunération mensuelle de 11€ par mois. Le jeune burkinabé passera ensuite par le chômage, le troc de téléphones potables, le networking avant d'atterrir dans la cryptomonnaie. Il se souvient de son atterrissage dans ce milieu qui lui était totalement étranger:" Avant d’arriver à la crypto-monnaie, je faisais le marketing de réseau, notamment la vente en ligne, depuis 2012. Trois ans plus tard, en 2015, j’ai investi dans le marché de trading et c’est de là que je suis arrivé à la crypto-monnaie. Disons que j’ai beaucoup appris de mes erreurs de débutant dans ce domaine. Cela m’a encouragé à me former pour bien comprendre le mécanisme et mieux cerner son fonctionnement. Cela m’a également permis de créer moi-même des portefeuilles et de développer des stratégies, des business plans pour les fructifier" affirme-t-il. S'il a réussi à se frayer un chemin, et pas des moindres, dans le domaine depuis quelques années, il sait que de nombreux jeunes africains hésitent encore à se lancer tête baissée dans cette "aventure" de la monnaie virtuelle, et tente de rassurer: " à mon avis, la cryptomonnaie est une opportunité, surtout pour les entrepreneurs du 21e siècle. Pour caricaturer un peu la réalité de la cryptomonnaie, prenons un billet de 10 000 F Cfa. Ce billet constitue, pour celui qui le détient, un actif. Mais ce billet est aussi inscrit au passif d’une Banque centrale. Par contre, quand vous détenez de l’or, il ne figure au passif d’aucune institution financière dans le monde. C’est aussi le cas de la cryptomonnaie. Elle est sans contrepartie et ne dépend d’aucune institution. Sa principale caractéristique est qu’elle n’est pas associée à une marchandise physique, à une autorité bancaire ou à un État. C’est là tout l’enjeu", explique-t-il avant de poursuivre : "la cryptomonnaie, notamment le « bitcoin », tire sa valeur de son acceptation, à travers le monde, comme moyen de paiement le plus sûr, le plus sécurisé, et totalement indépendant. Et c’est ça qui fait du holding de cryptomonnaies une excellente opportunité d’affaires. Je dirai que c’est une mine d’or". 
Le jeune entrepreneur burkinabé a tenu à insister sur les atouts de la « Blockchain », qu'il considère comme étant une technologie prometteuse, révolutionnaire: "c'est une technologie qui permet de stocker de manière sûre des transactions financières, mais aussi potentiellement d'autres données numériques. Les Etats du monde et les grands financiers commencent déjà à utiliser la « Blockchain » et même à créer leurs propres crypto-monnaies. Le Nigeria s’est lancé sur ce chantier récemment. Un autre avantage de la « Block Chain » est qu'en réalité elle peut s'appliquer à beaucoup de domaines. Si bitcoin l'a cantonnée à des transactions monétaires, d'autres se sont emparés du principe pour l'élargir, comme les votes électroniques ou de manière générale à des contrats au contenu libre entre deux entités".

Loin de l'enthousiasme assumé par Mamadou Ouédraogo, il faut avouer que plusieurs voix s'élèvent contre contre la cryptomonnaie depuis plusieurs mois. En Suède par exemple, des autorités demandent à l'Union européenne de stopper la cryptomonnaie, accusée d'être trop énergivore, ce qui met l'avenir du Bitcoin en pointillés dans ce pays. Alors que la Chine a stoppé les opérations de minage sur son territoire, les autorités suédoises accusent la cryptomonnaie d'être trop énergivore et souhaitent plus précisément l'interdiction de la méthode de minage à forte consommation d'énergie appelé "proof of work",  sans interdire les autres méthodes. Aux Etat-Unis, on estime que le bitcoin pourrait "être victime de son propre succès, un risque qui ne pèse pas sur l'or". Le New York Times a consacré récemment  un long papier sur "l'inquiétude de Washington" envers le secteur des paiements par cryptomonnaie. Autre État réticent, fin novembre 2021, le gouvernement indien a décidé de présenter une loi pour interdire les cryptomonnaies privées et créer un cadre pour une monnaie numérique contrôlée par la banque centrale. Dans ce pays, 15 millions et 100 millions de personnes possèdent un de ces actifs digitaux. Face à ses inquiétudes, Mamadou Ouédraogo temporise: " Chaque technologie a sa manière de fonctionner et le banditisme existait avant la création de la crypto-monnaie. Le problème n’est donc pas la cryptomonnaie mais plutôt les hommes qui en font usage. En revanche, contrairement à l'idée reçue que la cryptomonnaie permet de faire des paiements anonymes, il est facile de tracer l'origine de transactions puisqu'elles sont toutes publiques. On sait d'ailleurs que certains gouvernements comme le Danemark et les États-Unis développent des outils de traçage. D'autres pays le font certainement sans forcément le crier sur les toits. Il faut être naïf pour croire que les Russes et les Chinois n'ont aucun moyen de tracer les cryptomonnaies alors qu'ils les autorisent sur leur sol. L'un des exemples mythiques est le créateur de « Silkroad », un petit malin qui pensait pouvoir faire fortune en vendant incognito de la drogue sur internet, payée en bitcoins. Le FBI n'a pas tardé à le localiser. Plus récemment, dans l'enquête sur le piratage de MtGox, les enquêteurs peuvent tracer sans problème les bitcoins, mais retrouver les suspects peut s'avérer délicat.  Ainsi, si la légende populaire, veut que le bitcoin soit un vil outil de terroristes, les « geeks » savent pertinemment qu'il n'y a rien de plus facile à tracer, en tout cas pour un gouvernement ou une organisation un peu conséquent. En revanche, pour l'individu moyen, il est très difficile de tracer qui que ce soit. Ce qui pose le problème de la transparence unilatérale : pas de vie privée pour les individus vis-à-vis des pouvoirs en place, et en revanche pas de transparence pour les « gros poissons » vis-à-vis du grand public", insiste-t-il. 

Mamadou Ouédraogo tient à mettre un accent particulier sur la nécessité de se former avant d'Investir dans la cryptomonnaie "la formation est donc le premier investissement en crypto-monnaie. Elle vous permettra de comprendre la cryptomonnaie au-delà des définitions littéraires et académiques, comment créer un portefeuille de cryptomonnaie et quels sont les systèmes à mettre en place pour le sécuriser, comment échanger et négocier une crypto-monnaie, etc", conseille le jeune investisseur burkinabé dont les affaires connu une ascension fulgurante des dernières années.

Steev HONDJO

Commentaires (4)

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Derniers commentaires

RK
Remi

Merci à ce grand monsieur, un mentor sincère et honnête. À travers sa structure Lokré groupe on s'édifie de jour en jour dans le domaine de la crypto-monnaie qui j'en suis sûre permettra aux jeunes africains entrepreneurs de tirer leur épingle du jeu

ID
Ibrahima

Ok on travaille a ce que un leader du Burkina Faso soit parmis le classement de Forbes.

AL
Arthe

Suis épaté. l'Afrique à des valeurs qur qui compter. Bravo

SS
Sidiki

Je connais bien le Sieur Mamadou OUEDRAOGO. C'est un frère a moi et un promotionnaire du lycée. C'est une personne digne de confiance tant à l'acte et à la parole. Effectivement beaucoup de personnes émettent des réserves quant à la fiabilité de la cryptomonaie monnaie juste parce qu'elles refusent de se former. La cryptomonaie monnaie, ce n'est pas de la Maggie. Il faut avoir une formation de base avant d'investir. En sommes j'invite à tout ceux qui veulent bien investir dans la cryptomonaie monnaie de se faire former . Merci à Mr. Mamadou OUEDRAOGO pour ce récit bien détaillé expliquant le domaine de la cryptomonaie monnaie.

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