13 février 1976 : le jour où le président Murtala Mohammed fut assassiné
Le 13 février 1976, le Nigeria était frappé en plein cœur : son chef de l’État, Murtala Ramat Mohammed, tombait sous les balles de putschistes à Lagos. En quelques heures, une tentative de coup d’État plongeait le pays dans l’incertitude avant de s’effondrer, ouvrant une nouvelle page de l’histoire politique nigériane. Cinquante ans plus tard, cet assassinat demeure l’un des tournants les plus dramatiques de la vie nationale.
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Credit Photo : DT
Il y a tout juste cinquante ans, le Murtala Ramat Mohammed tombait sous les balles de putschistes en plein cœur de Lagos. Le 13 février 1976, le chef de l’État nigérian était assassiné dans une embuscade qui allait bouleverser durablement l’histoire politique du pays. En ce 13 février 2026, le souvenir de cette journée demeure l’un des épisodes les plus marquants de la trajectoire post-indépendance du Nigeria.
Ce matin-là, le convoi présidentiel circule sur l’île d’Ikoyi, à Lagos, alors capitale fédérale. Des officiers insurgés, dirigés par le lieutenant-colonel Bukar Dimka, interceptent le cortège. Les tirs sont immédiats. Le président Mohammed est tué sur place. L’opération, spectaculaire et brutale, vise à renverser le pouvoir installé quelques mois plus tôt après le coup d’État de 1975 qui avait porté Mohammed à la tête du pays. Dans les heures qui suivent, Bukar Dimka prend la parole sur les ondes de la radio nationale pour annoncer la prise du pouvoir. Il justifie son action par des accusations de corruption, de mauvaise gestion et de dérives autoritaires, dénonçant notamment des arrestations sans procès.
Un coup d’État qui s’effondre en quelques heures
Mais l’effet de surprise ne dure pas. Plusieurs commandants militaires à travers les États de la fédération refusent de rallier les insurgés. Cette défection rapide prive le mouvement de l’assise nécessaire pour consolider son emprise. Le chef d’état-major des forces armées, le général Olusegun Obasanjo, annonce l’échec de la tentative de coup d’État et l’arrestation progressive des rebelles. Dès le lendemain, le 14 février 1976, les membres du Conseil militaire suprême désignent Obasanjo pour succéder au président assassiné. Dans son adresse à la nation, le nouveau chef de l’État promet de poursuivre les réformes engagées par son prédécesseur et réaffirme l’objectif d’un retour à un régime civil.
Exécutions et tensions diplomatiques
La riposte judiciaire est rapide et sévère. En mars 1976, plusieurs officiers et responsables soupçonnés d’avoir participé au complot sont condamnés à mort et exécutés. Quelques semaines plus tard, Bukar Dimka subit le même sort. Des soupçons de complicité pèsent également sur l’ancien président Yakubu Gowon, renversé par Mohammed en 1975. Le Nigeria demande son extradition au Royaume-Uni, où il réside alors. Londres refuse, une décision qui provoque un refroidissement notable des relations diplomatiques entre les deux pays.
Un tournant dans l’histoire nigériane
L’assassinat de Murtala Mohammed marque un moment de rupture. Figure charismatique, perçue par une partie de l’opinion comme un réformateur déterminé, il laisse derrière lui une transition politique fragile mais structurée. Son successeur, Olusegun Obasanjo, mènera finalement le pays vers un retour au pouvoir civil en 1979. Cinquante ans plus tard, le 13 février reste associé à l’image d’un président abattu en plein jour et à l’échec d’un putsch qui aurait pu plonger le Nigeria dans une nouvelle phase d’instabilité militaire. Un épisode dramatique qui continue d’alimenter la mémoire politique du pays.
LSI AFRICA
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