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COOPÉRATION

Défense : le Royaume-Uni veut renforcer les capacités anti-drones et de renseignement de l’armée nigériane

Systèmes anti-drones, renseignement tactique, forces spéciales et formation au combat : le Royaume-Uni envisage d’élargir son soutien à l’armée nigériane, engagée dans une profonde réorganisation de ses capacités. Plusieurs projets ont été examinés le 11 août à Abuja lors d’une rencontre entre le chef d’état-major de l’armée de terre, Waidi Shaibu, et le conseiller britannique à la défense, Tom Harper. Certaines formations pourraient également accueillir des soldats nigériens, tchadiens et camerounais.

Crédit Photo : NA
Crédit Photo : NA

Le Royaume-Uni pourrait renforcer son soutien opérationnel à l’armée nigériane dans plusieurs domaines devenus prioritaires sur les théâtres de combat. Le sujet a été abordé mardi 11 août 2026 à Abuja lors d’une réunion au quartier général de l’armée de terre. Les discussions ont notamment porté sur la fourniture de capacités de lutte contre les drones et le développement des moyens tactiques de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR). L’objectif évoqué consiste à étendre ces capacités jusqu’au niveau des brigades. Aucun volume d’équipements, montant financier ou calendrier de livraison n’a été communiqué. Les échanges ont également porté sur des systèmes de défense aérienne, de possibles transferts de véhicules protégés et des munitions spécialisées. À ce stade, ces différents matériels doivent donc être considérés comme des pistes de coopération et non comme des acquisitions définitivement conclues. Londres et Abuja avaient déjà retenu la lutte contre les drones parmi leurs domaines de coopération lors de leur dialogue de sécurité et de défense organisé en juin 2026. Les deux pays avaient alors convenu de travailler conjointement sur les systèmes aériens sans pilote et les engins explosifs improvisés.

Des militaires du Niger, du Tchad et du Cameroun associés aux formations

Le volet consacré à la formation pourrait prendre une dimension régionale. Tom Harper a indiqué que de prochains programmes liés à l’opération Hadin Kai devraient associer des militaires du Niger, du Cameroun et du Tchad aux soldats nigérians. Ces sessions doivent notamment porter sur les techniques de combat, les patrouilles avancées et la prise en charge des blessés. Le dispositif repose sur la formation d’instructeurs capables de transmettre ensuite les compétences acquises dans leurs unités respectives. L’intégration de militaires issus de plusieurs pays du bassin du lac Tchad répond à une réalité opérationnelle : Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) évoluent dans un espace frontalier partagé par plusieurs États. La coordination des armées engagées dans cette zone constitue donc un élément important des opérations contre ces organisations.

Abuja réclame davantage de moyens de surveillance

Waidi Shaibu a dressé devant son interlocuteur britannique une liste précise des besoins de l’armée nigériane. Le chef d’état-major estime que les combats asymétriques et les opérations conduites dans des environnements difficiles, particulièrement dans le Nord-Est, exigent une surveillance permanente du terrain. L’armée souhaite disposer de capacités renforcées en renseignement technique, aviation, surveillance et reconnaissance, avec une circulation plus rapide de l’information jusqu’aux unités directement engagées. Cette demande accompagne une transformation importante de l’organisation militaire nigériane. Abuja prévoit de faire passer son armée de terre de huit à douze divisions. Une telle expansion nécessite davantage de personnels, mais aussi des instructeurs, des structures de commandement et des unités spécialisées. Les forces spéciales occupent une place particulière dans cette réorganisation. Waidi Shaibu souhaite notamment développer les capacités du centre d’entraînement de Doma, utilisé dans la préparation des unités spécialisées.

Autre projet évoqué : la création, avec un appui britannique, d’une base opérationnelle avancée servant de modèle à l’armée nigériane. Elle serait installée dans une enceinte militaire et conçue autour des besoins rencontrés par les unités déployées. Le projet pourrait permettre de tester des standards en matière de protection, de commandement et de fonctionnement avant leur éventuelle reproduction sur d’autres sites. Cette orientation marque le caractère de plus en plus technique de la coopération militaire entre les deux pays. Londres intervient déjà dans la formation, la lutte antiterroriste, les opérations spéciales et le développement institutionnel des forces nigérianes. Les projets discutés le 11 août restent cependant à des degrés d’avancement différents. La réunion n’a donné lieu à l’annonce d’aucun contrat d’armement majeur. Elle permet en revanche d’identifier clairement les capacités recherchées par Abuja : mieux détecter les mouvements adverses, protéger les troupes contre les nouvelles menaces aériennes et disposer d’unités capables d’agir plus efficacement dans les zones où opèrent les groupes jihadistes.

LSI AFRICA

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