Nigeria : au moins 48 morts dans des affrontements entre éleveurs et agriculteurs
Les affrontements entre éleveurs et agriculteurs au Nigeria ont entraîné la mort mercredi d'au moins 48 personnes dans l'Etat du Niger, au centre-ouest du Nigeria, une région fréquemment secouée par des violences multifactorielles.
- Terrorisme

Crédit Photo : AFP.
Bola Tinubu.
L'Etat du Niger est frappé par des violences meurtrières perpétrées par des jihadistes, ainsi que par des gangs criminels appelés "bandits" qui mènent des raids dans les villages, pillent, kidnappent et tuent les habitants. A cela s'ajoutent des affrontements plus ponctuels entre éleveurs et agriculteurs, qui trouvent leur source dans des différends de longue date, notamment autour de la gestion des terres et des ressources.
Un rapport de sécurité rédigé pour les Nations unies et consulté par l'AFP indique que des "milices d'éleveurs" armées de machettes ont attaqué des agriculteurs de l'ethnie Kamuku dans la ville de Tegina, dans le district de Rafi, "tuant au moins 42 personnes". Cette attaque a déclenché des représailles de la part des agriculteurs kamuku, qui s'en sont pris à un groupe de bergers travaillant dans une plantation près de Tegin, "en tuant six", selon le même rapport. Abdullahi Alhassan, un responsable communautaire de Tegina, a déclaré que des bergers de l'ethnie peule avaient envahi la communauté de Bargaja, à la périphérie de la ville de Tegina, attaquant les habitants à la machette et en brûlant d'autres vifs dans leurs maisons. "Les éleveurs ont tué 43 personnes lors de ce raid", a-t-il déclaré. "Ce raid constituait une riposte au meurtre, le mois dernier, du patriarche des éleveurs, qu'ils attribuaient à des milices d'agriculteurs kamuku", a précisé M. Alhassan. Les agriculteurs kamuku ont lancé des attaques de représailles contre trois campements d'éleveurs aux alentours de Tegina, incendiant des habitations et tuant au moins deux éleveurs, a-t-il ajouté.
Or, conflits et insécurité alimentaire
Selon le rapport sécuritaire, ce conflit communautaire a démarré en mai à cause d'un désaccord sur l'utilisation d'un don financier versé par le sénateur de l'est de l'Etat du Niger, Sani Musa. Le Niger est connu pour ses gisements d'or et est considéré comme un grenier à blé pour le pays le plus peuplé d'Afrique. Un mois après le début de la saison des pluies, qui s'étend de juin à septembre, un grand nombre d'agriculteurs n'ont pas pu accéder à leurs terres en raison des attaques menées par des bandits et des jihadistes, qui imposent des taxes exorbitantes aux agriculteurs en échange de l'autorisation de cultiver leurs terres. Selon les autorités, ces violences sont en partie alimentées par l'exploitation minière illégale, dont les jihadistes et les bandits tirent profit.
Les agences d'aide internationales ont averti que le déplacement des communautés dans le nord et le centre du pays constituait un risque pour la sécurité alimentaire du Nigeria. Dans son dernier communiqué publié jeudi, le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies a averti que la recrudescence des violences dans le nord du Nigeria a entraîné une hausse de l'insécurité alimentaire à un niveau inédit depuis 10 ans. Plus de 17 millions de personnes dans le nord du Nigeria "sont confrontées à des niveaux de faim qualifiés de crise, d'urgence ou de catastrophe", a ajouté l'organisation.
LSI AFRICA avec AFP
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