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DÉCRISPATION

Ouganda: retrait des forces armées qui encerclaient la maison de Bobi Wine

Les forces armées ougandaises se sont retirées mardi des abords de la maison de Bobi Wine, au lendemain d'une décision de justice qui ordonnait la fin de l'assignation à résidence de l'opposant. 

Crédit Photo : SUMY SADURNI
Crédit Photo : SUMY SADURNI

L'opposant ougandais Bobi Wine, de son vrai nom Robert Kyagulanyi, après sa conférence de presse chez lui à Magere, le 26 janvier 2021.

M. Wine, Robert Kyagulanyi de son vrai nom, était de fait bloqué chez lui depuis l'élection présidentielle du 14 janvier, où cet ancien chanteur de ragga devenu député a fait figure de principal adversaire au président sortant Yoweri Museveni. Ce dernier a remporté le scrutin avec 58,6% des voix selon les résultats officiels, que M. Wine (environ 35%) a rejetés. Depuis 11 jours, des soldats et des policiers lourdement armés entouraient la maison, empêchant ses habitants, dont l'épouse de M. Wine, Barbie Kyagulanyi, d'en sortir. Ils ne pouvaient pas non plus recevoir de visiteurs. Lundi, les forces armées n'avaient pas bougé, malgré une décision de justice qualifiant le même jour cette assignation d'"illégale". 

Mardi, les troupes se sont finalement retirées des abords de la résidence, située à la périphérie de Kampala, permettant notamment à M. Wine de rencontrer pour la première fois depuis le scrutin des parlementaires nouvellement élus sous la bannière de son parti, la Plateforme d'unité nationale (NUP). "J'ai subi une détention illégale dans ma propre maison parce que le Général Museveni n'a pas gagné", a-t-il déclaré à ces élus ainsi qu'à des supporters, membres du NUP et journalistes, réunis dans son jardin. 

"Il accomplit un coup d'Etat contre la volonté du peuple d'Ouganda", a-t-il ajouté.  Le gouvernement avait justifié cette assignation à résidence par la nécessité d'assurer "la protection" de M. Wine et d'éviter les manifestations de l'opposition, le candidat ayant qualifié l'élection de "mascarade".  Il n'a pas appelé ses partisans à manifester mais a déclaré à l'adresse de M. Museveni, au pouvoir depuis 1986, que d'autres dirigeants africains de longue date, tels Hosni Moubarak ou Omar el-Béchir, avaient été chassés par des soulèvements populaires. 

"Nous voulons que Museveni quitte ses fonctions d'ici moins d'un an", a déclaré M. Wine, sans apporter plus de précisions.  Les élections présidentielle et législative du 14 janvier ont succédé à une campagne électorale particulièrement violente, marquée par la répression contre les critiques du régime et les adversaires de M. Museveni, à commencer par M. Wine.

LSI AFRICA avec l'AFP

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