TENSION
Ouganda : les États-Unis réclament des sanctions après un scrutin sous haute tension
Washington hausse le ton face à Kampala. À la suite de violences signalées pendant et après l’élection présidentielle ougandaise, un haut responsable du Sénat américain appelle à des sanctions ciblées contre le chef de l’armée, mettant en cause la crédibilité du scrutin et la dérive sécuritaire du régime, dans un contexte régional jugé explosif.
- Politique

Crédit Photo : Collage.
Le président de la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, Jim Risch, a exhorté le président Donald Trump à imposer des sanctions ciblées contre le général Muhoozi Kainerugaba, à la suite d’informations faisant état de violences graves lors des élections générales ougandaises achevées cette semaine. Dans un communiqué publié vendredi, le sénateur républicain a demandé une réévaluation complète de la coopération sécuritaire entre Washington et Kampala, évoquant une dégradation persistante des droits humains. Cette prise de position est intervenue alors que l’opposant Bobi Wine affirmait qu’un groupe de soldats armés et cagoulés avait fait irruption à son domicile, agressant des membres de sa famille et isolant temporairement son épouse.
Ces tensions surviennent après la proclamation par la commission électorale de la victoire du président sortant Yoweri Museveni, crédité de 7,9 millions de voix, soit 71,65 % des suffrages, lui ouvrant un septième mandat à l’issue du scrutin du 15 janvier. Son principal adversaire, Bobi Wine, aurait recueilli 2,7 millions de voix, dans un contexte marqué par de nombreuses accusations de fraude. Washington se dit préoccupé par les répercussions régionales d’une crise politique prolongée en Ouganda, notamment sur le Kenya et l’Éthiopie, deux pays voisins dont la stabilité est jugée essentielle à l’équilibre de la Communauté d’Afrique de l’Est.
Le général Muhoozi Kainerugaba, figure centrale de l’appareil sécuritaire, a suscité une indignation internationale après avoir revendiqué publiquement la mort de 22 partisans du parti d’opposition National Unity Platform (NUP), qualifiés de « terroristes », et proféré des menaces explicites à l’encontre de Bobi Wine. Des déclarations jugées alarmantes par plusieurs capitales occidentales. Pour Jim Risch, le scrutin ougandais s’apparente à un simulacre démocratique destiné à prolonger quatre décennies de pouvoir. Il a comparé la situation à d’autres reculs démocratiques observés dans la région, tout en soulignant que, contrairement à certains voisins, l’Ouganda demeure un partenaire sécuritaire clé des États-Unis.
Le vote a été accompagné de mesures de sécurité exceptionnelles, dont l’arrestation de plus de 2 000 personnes et une coupure nationale d’internet ordonnée le 13 janvier, compliquant le travail des observateurs indépendants. Des dysfonctionnements des kits biométriques ont également été signalés, entraînant le recours à des procédures manuelles contestées par l’opposition. Sur le plan intérieur, les autorités ont renforcé la pression sur la société civile. Le Bureau national des ONG a suspendu six organisations de défense des droits humains et procédé à l’interpellation d’observateurs électoraux, alimentant les inquiétudes sur la transparence du processus.
Des analystes régionaux mettent toutefois en garde contre un désengagement sécuritaire américain trop abrupt, qui pourrait créer un vide exploitable par des groupes extrémistes et affecter la sécurité transfrontalière. De son côté, le gouvernement ougandais maintient que les mesures prises étaient nécessaires à la préservation de la sécurité nationale durant la période électorale.
LSI AFRICA
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