RDC : une humanitaire française de l’Unicef tuée lors de frappes aériennes à Goma
Des frappes aériennes ont fait plusieurs morts dans la nuit de mardi à mercredi à Goma, grande ville de l'est du Congo tombée aux mains du groupe antigouvernemental «Mouvement du 23 mars» ( M23) en janvier 2025, ont confirmé à l'AFP des sources locales et humanitaires. Des sources humanitaires ont fait état de plusieurs sites visés et de plusieurs personnes tuées mercredi matin, mais le bilan reste incertain.
- Sécurité

Crédit Photo : DT
Le chef de l’État Emmanuel Macron a de son côté annoncé sur X qu’«une humanitaire française de l’Unicef a été tuée». Selon l’Unicef, cette femme, qui était «en charge des programmes» de l’Unicef dans cette région, était mère de famille. Les circonstances de son décès, encore non confirmées à ce stade, vont faire l’objet d’une enquête approfondie selon l’organisme des Nations unies.
Joint par Le Figaro, Corneille Nangaa, leader de l’Alliance du fleuve Congo (AFC), la branche politique du M23, il s’agit «d’une frappe de drone ordonnée par l’armée congolaise et Kinshasa». Selon lui la maison, régulièrement louée, appartient à un investisseur belge bien connu à Goma. «Elle a été touchée par erreur car elle est très proche de celle de l’ancien président Kabila. C’est lui qui était visé», affirme Corneille Nangaa.
Des détonations ainsi que des bruits de drones ont été entendus.
La maison ciblée, située dans un quartier résidentiel en plein centre de Goma, a été gravement endommagée, partiellement incendiée, et sa toiture détruite, a constaté un correspondant de l’AFP. Des éclats ont touché des maisons voisines, dont les vitres étaient soufflées. Un humanitaire présent à proximité de cette maison pendant la frappe a affirmé à l’AFP avoir entendu deux explosions, une première précédée par un bruit de drones, puis une seconde, suivie par le bruit d’un drone s’éloignant du site. Une autre frappe est tombée non loin d’une autre villa.
« Kinsaha cherche à décapiter le mouvement en tuant les responsables du M23 et de l’AFC », continue le rebelle. Le 24 février, Willy Ngoma, porte-parole militaire, membre historique et figure médiatique du M23, a été tué, lui aussi au petit matin, alors qu’il circulait en convoi militaire dans la zone de Rubaya, une zone minière à une soixantaine de kilomètres de Goma. «Ces drones qui répandent la mort parmi les innocents sont livrés au régime de Kinshasa par la Chine (...) ce même pays qui demande le respect du cessez-le-feu», accuse, sur X, Bertrand Bisimwa, le numéro deux de l’AFC/M23.
La rébellion s’est emparée fin 2021, avec le soutien du Rwanda et de son armée, de vastes pans de territoire dans la partie orientale de la RDC, riche en ressources et ravagée depuis trente ans par des conflits. En décembre 2025, un accord de cessez-le-feu avait été signé entre les belligérants sous la pression de Donald Trump. Le M23 et son parrain rwandais l’avaient violé presque immédiatement en s’emparant d’une nouvelle ville, Uvira, avant de s’en retirer deux mois plus tard. Le 3 mars, en guise de rétorsion, le département du Trésor américain a placé sous sanctions l’armée rwandaise (FDR) et quatre de ses plus hauts officiers supérieurs.
LSI AFRICA avec AFP.
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