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RISQUES

Tshisekedi - Kabila : la République démocratique du Congo au bord du chaos

Les tensions entre Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila sont devenues un secret de Polichinelle sur les bords du fleuve Congo. Depuis le 6 décembre 2020, Félix Tshisekedi a révélé au grand jour les profondes dissensions au sein de la coalition FCC-CACH dans un discours retransmis par la chaîne d'État, RTNC. Cet épisode a marqué un tournant décisif dans le bras de fer entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi. 

Crédit Photo : PRDC
Crédit Photo : PRDC

Félix Tshisekedi et Joseph Kabila.

« Le gouvernement de coalition constitué au lendemain de l'alternance politique intervenue en janvier 2019 n'a pas permis de mettre en œuvre le programme pour lequel [il a été] porté à la magistrature suprême et que, d'autre part, il n'a pas été capable de répondre aux attentes et aux aspirations de notre peuple », avait déclaré Félix Tshisekedi lors de son allocution télévisée. Depuis, la méfiance s'est installée entre les deux hommes. Selon les partisans du FCC, la coalition FCC-CACH a connu des tensions du fait "des violations répétées de la constitution par l'exécutif congolais". Par la nomination, des juges à la cour constitutionnelle, d'un informateur afin de définir la majorité parlementaire, le président Tshisekedi a violé la loi fondamentale, alors que le Premier ministre est en fonction, estiment-ils.

Joseph Kabila populaire, stratège et secret.

L'ancien président Joseph Kabila, continue d'exercer une influence non négligeable dans le paysage politico-militaire de la RDC. Depuis l'officialisation du divorce FCC-CACH, l'ex-président qui prend rarement la parole publiquement et fait peu d'apparitions médiatiques, consulte et affine sa stratégie dans le plus grand secret. Ces deux dernières sorties à Kolwezi puis à Lubumbashi, ont permis à l'ancien président congolais de communier avec ses partisans et de mesurer sa popularité.  A Kinshasa l'image n'a pas plu. Au sein des institutions, Joseph Kabila peut toujours compter sur quarante-deux des 65 membres du gouvernement, soit deux tiers des postes ministériels, issus du FCC, sa coalition qui détient également la majorité juridique dans les deux chalbres du parlement, même si au cours de ces dernières semaines certains cadres du FCC ont été débauchés par le pouvoir moyennant argent et véhicules de luxe. Pour les radicaux de l'UDPS, parti du président Félix Tshisekedi, il faut aller plus loin et vite. Un scénario a été mis sur la table lors d'une réunion de crise : couper la tête du FCC, c'est à dire, procéder à l'arrestation de JKK. 

Pousser JKK à la faute

Au sein de l'UDPS, le divorce FCC - CACH avait été accueilli avec un immense soulagement. Plusieurs proches du président Congolais encouragent désormais ce dernier, pour qu'il réduise drastiquement la marge de manœuvre de Joseph Kabila, qualifiée de "menace permanente". La stratégie est toute trouvée : appeler les partisans de l'UDPS à marcher sur Kingakati, demeure de Joseph Kabila, située à la vallée de la N’sele dans la commune de Maluku à quelques 50 Km de Kinshasa, mais aussi des actes de vandalisme dans les autres résidences secondaires de JKK, notamment dans la ferme Kimpésé, au Congo central. Une initiative qui ne serait pas sans risque dans la mesure où, ce genre de manifestation peut rapidement dégénérer et finir en bain de sang. Pour les observateurs avertis de la politique congolaise, même si Joseph Kabila a subi d'importants revers, notamment à l'assemblée nationale, au Patronat et la dernière libération de Eddy Kapend, il jouit encore d'une popularité remarquable dans le pays.

Un affrontement est donc à redouter pour ce genre d'initiative. Mais au sein de l'UDPS, les radicaux le savent et tentent de mettre la stratégie de la marche à exécution : " Si nous lançons l'offensive sur sa demeure, Kabila et ses partisans vont riposter. Il nous faut les pousser à la faute. Il a des agents armés. Il y aura des morts et des blessés. Exactement ce qu'il nous faut pour l'envoyer à la Cour pénale internationale", nous a confié un visiteur nocturne de la cité de l'Union Africaine, ce samedi dans un salon du Grand Hôtel de Kinshasa.. S'il est vrai que Félix Tshisekedi s'est rapproché de l'administration Trump depuis son élection, l'escalade de la violence entre FCC et UDPS inquiète à Paris et Bruxelles. Les deux capitales européennes sont convaincues que ce grand pays d'Afrique centrale, en proie à des milices et des tueries, pourrait basculer rapidement dans le chaos. 

Selon nos informations, depuis le 22 septembre, Félix Tshisekedi et Joseph Kabila ne se parleraient plus. Félix Tshisekedi veut "démembrer le FCC" et rester le seul "Capitaine" à gouverner le navire Congo qu'il partageait avec Kabila. Ce dernier ne devrait pas se laisser faire. 

LSI AFRICA

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