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ACCUSATIONS

RDC : Kinshasa accuse le M23 d’avoir tué plus de 300 personnes en deux mois

Le gouvernement de la République démocratique du Congo affirme que plus de 300 personnes ont été tuées en juin et juillet dans les territoires contrôlés par l’AFC/M23 dans l’est du pays. Kinshasa fait également état de centaines de cas de violences sexuelles, de torture, d’enlèvements et de recrutements forcés.

Crédit Photo : DT
Crédit Photo : DT

Patrick Muyaya.

Exécutions sommaires, massacres et bombardements : Kinshasa dresse un lourd bilan des violences qu’il attribue à l’AFC/M23 durant les mois de juin et juillet dans les zones contrôlées par la rébellion. Le gouvernement évoque plus de 300 morts, des centaines de cas de viol et plus de 300 actes de torture, dont certains auraient concerné des élèves. Il fait également état de centaines d’enlèvements et de recrutements forcés. Ces chiffres constituent à ce stade un bilan présenté par le gouvernement congolais. Plusieurs sources indépendantes ont toutefois documenté de graves atteintes aux droits humains dans l’est du pays. Pour le seul mois de juin, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme a recensé 657 violations et atteintes ayant affecté au moins 1 187 victimes sur l’ensemble du territoire. L’AFC/M23 arrive en tête des groupes armés mis en cause par le BCNUDH, avec 216 cas documentés. Les forces gouvernementales et d’autres groupes armés figurent également parmi les auteurs présumés de violations. Le Baromètre sécuritaire du Kivu avait de son côté attribué au M23 au moins 114 morts civiles au cours du même mois.

Des accusations au moment où le dialogue se poursuit

La publication de Kinshasa coïncide avec une séquence diplomatique importante. Après plusieurs jours de discussions, les représentants du gouvernement congolais et de l’AFC/M23 ont adopté une feuille de route fixant les prochaines échéances des négociations engagées sous médiation qatarie. Les deux camps ont également avancé sur le mécanisme conjoint chargé de vérifier le respect du cessez-le-feu. Une première mission de terrain était prévue le 24 août à Minembwe, dans le Sud-Kivu. Le dialogue reste donc engagé malgré les accusations et la poursuite des violences. Les discussions de Doha reposent sur une déclaration de principes signée en juillet 2025, puis sur un accord-cadre conclu en novembre de la même année.

Depuis le début de 2025, l’AFC/M23 a considérablement étendu les territoires sous son contrôle dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. La mise en œuvre effective du cessez-le-feu constitue désormais l’un des principaux tests du processus diplomatique, alors que la situation des civils demeure au cœur des préoccupations dans l’est de la RDC.

LSI AFRICA

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