RDC : Kinshasa interdit les exportations de concentrés de cuivre et de cobalt
La République démocratique du Congo durcit sa politique minière. Un nouvel arrêté gouvernemental interdit désormais l’exportation des concentrés de cuivre et de cobalt, tout en prévoyant des dérogations limitées dans le temps. Cette décision s’inscrit dans la volonté de développer les capacités nationales de transformation, de conserver une part plus importante de la valeur générée par les ressources minières et de renforcer le poids du pays dans la chaîne mondiale des métaux stratégiques.
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Crédit Photo : PRC
Le gouvernement congolais a adopté un arrêté mettant fin aux exportations de concentrés de cuivre et de cobalt. Signé le 29 juin par le ministre des Mines, Louis Kabamba Watum, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, et le ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, le texte est désormais applicable. Des dérogations pourront toutefois être accordées pendant une période maximale d’un an dans des cas qualifiés de stratégiques, sans que les critères d’attribution ne soient détaillés. Le dispositif introduit également un régime fiscal applicable aux sous-produits miniers d’importance économique, accompagné d’une période transitoire de trois mois destinée à faciliter son déploiement.
Favoriser une transformation réalisée sur le territoire national
Premier producteur mondial de cobalt et acteur majeur du marché du cuivre, la RDC cherche depuis plusieurs années à réduire les exportations de minerais à faible niveau de transformation. L’objectif affiché consiste à orienter les opérateurs vers la production de produits à plus forte valeur ajoutée avant leur commercialisation, afin de développer les activités industrielles locales et d’accroître les retombées économiques du secteur minier. Cette orientation n’est pas inédite. Des restrictions comparables avaient déjà été instaurées en 2013, puis en 2019 et en 2023. Elles avaient cependant été assorties de dérogations destinées à compenser les limites des capacités nationales de fusion et de raffinage. Le nouvel arrêté remplace le dispositif adopté en 2023 et fixe un cadre actualisé pour les exportations de minerais ainsi que pour la fiscalité applicable à certains sous-produits issus des opérations de raffinage.
Un impact variable selon les opérateurs
Dans une communication publiée jeudi, Ivanhoe Mines a indiqué que son complexe cuprifère de Kamoa-Kakula, développé avec le groupe chinois Zijin Mining et l’État congolais, avait bénéficié de plusieurs autorisations lui permettant d’exporter du concentré depuis le début de sa production en 2021. L’entreprise précise qu’une partie de sa production est désormais traitée dans sa propre fonderie ainsi qu’à la fonderie de cuivre de Lualaba, située à Kolwezi. Elle rappelle également que la mine de Kipushi dispose d’une autorisation spécifique concernant ses concentrés de zinc. Selon Christian-Géraud Neema, analyste au sein du China-Global South Project, les conséquences de cette mesure devraient rester limitées pour la majorité des exploitants, une grande partie du cuivre et du cobalt congolais étant déjà transformée localement avant exportation. L’analyste estime toutefois que Kamoa-Kakula pourrait être davantage concerné en raison des volumes de concentrés encore exportés sous le régime des dérogations.
Les statistiques officielles confirment que la RDC expédie principalement du cuivre sous forme de cathodes plutôt que sous forme de concentrés. Au premier trimestre 2026, le pays a exporté 696 725 tonnes de cathodes de cuivre. Sur la même période, les exportations de concentrés de cuivre ont atteint 53 926 tonnes, représentant 18 863 tonnes de cuivre contenu. Les expéditions d’hydroxydes de cobalt se sont élevées à 51 940 tonnes, correspondant à 17 054 tonnes de cobalt métal. L’annonce de cette interdiction a immédiatement retenu l’attention des marchés internationaux. Après la publication de l’information par Reuters, le contrat à trois mois du cuivre sur le London Metal Exchange (LME) a progressé de 1,8 %, atteignant 14 369,50 dollars la tonne. Le métal s’est ainsi rapproché de son record historique de 14 527,50 dollars enregistré le 29 janvier.
LSI AFRICA avec Reuters.
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