Le Rwanda en discussions avec plusieurs États européens sur l’accueil de migrants expulsés
Le Rwanda a entamé des «discussions préliminaires» avec plusieurs États européens afin de servir de pays de transit à des migrants qu'ils expulseraient, a annoncé vendredi le gouvernement rwandais à l'AFP.
- Politique

Crédit Photo : DT
Kigali avait conclu en 2022 un accord migratoire avec le Royaume-Uni, à l'époque gouverné par le premier ministre conservateur Boris Johnson et qui souhaitait renvoyer des migrants arrivés illégalement sur le sol britannique vers cet État africain de la région des Grands Lacs. À son arrivée au pouvoir en 2024, l'ex-premier ministre travailliste Keir Starmer s'est empressé de déclarer «mort et enterré» ce texte extrêmement critiqué et qualifié «d'illégal» par la Cour suprême de Grande-Bretagne.
«Nous avons entamé des discussions préliminaires avec certains pays européens, mais rien n'a encore été décidé», a indiqué à l'AFP la porte-parole du gouvernement rwandais Yolande Makolo, interrogée à propos des pourparlers sur l'hébergement au Rwanda de migrants qui se seraient vus refuser l'entrée en Europe. Elle n'a pas précisé de quels pays il s'agissait.
Un accord rendu possible par le «règlement retour» européen
Questionnée jeudi sur la radio rwandaise Royal FM au sujet d'un accord spécifique avec l'Italie, celle-ci avait répondu qu'il n'y avait «pas d'accord» à ce sujet, mais des «discussions». «L'une des idées dont nous discutons concerne le (centre) de transit d'urgence que nous avons à Gashora» (est), où des milliers de migrants bloqués en Libye avaient été envoyés à partir de 2019 et dont beaucoup sont partis, permettant de sauver «de nombreuses vies», avait-elle expliqué. Dans un tel lieu, des «familles»pourraient «recevoir des soins médicaux, suivre une forme de formation, se reposer», avait poursuivi Yolande Makolo. «C'est aussi là que les demandes d'asile sont traitées» et ces personnes «peuvent soit retourner dans leur pays d'origine si c'est sûr et si elles le souhaitent, soit être réinstallées dans d'autres pays», avait-elle encore avancé.
Le Parlement européen a approuvé en juin un règlement sur les retours de migrants déboutés du droit d'asile, incluant la possibilité pour ses pays membres de conclure des accords afin d'installer des centres de rétention hors des frontières de l'Union, suscitant des inquiétudes de défenseurs de droits humains. L'AFP avait rapporté en avril qu'une poignée d'États européens - le Danemark, l'Autriche, la Grèce, l'Allemagne et les Pays-Bas - étudiait la possibilité de tels accords avec une dizaine de pays, dont le Rwanda.
LSI AFRICA avec AFP
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