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TERRORISME

La définition d'une véritable guerre asymétrique

Les attaques mardi dans le nord du Burkina (17 morts) et aux portes de Niamey (2 policiers tués) illustrent à quel point les forces de sécurité nationales ou étrangères au Sahel peinent à enrayer les assauts répétés des groupes jihadistes et l'extension des zones d'insécurité.

Crédit Photo: AFP Archives
Crédit Photo: AFP Archives

"C'est Sisyphe. Ca ne finit jamais!", selon une source sécuritaire française. "La définition de la guerre asymétrique, c'est ça". Elle rappelle que l'opération française Barkhane a "neutralisé" des dizaines de "terroristes", mais souligne que la situation s'est "aggravée".

Burkina Faso, Mali, Niger... Il ne se passe pas une journée ou presque sans une attaque. Le nombre de victimes se chiffrent en milliers malgré le déploiement massif de forces de sécurité. 

13.000 hommes de la force onusienne au Mali, 4.500 de Barkhane au Sahel, 5.000 pour la force G-5 Sahel (Mali, Niger Burkina, Mauritanie, Tchad). Sans compter les armées nationales constamment sur la brèche...

Jeudi, le Niger a annoncé avoir lors d'une opération conjointe avec la force française Barkhane et les Etats-Unis avoir "neutralisé 18 terroristes" et en avoir arrêté cinq. 

"Il y a sûrement effectivement une stratégie d'évitement des opérations militaires françaises consistant à abandonner le terrain et se replier sur des positions moins exposées", souligne M. Balencie. "Il y a un vrai sujet de préoccupation qui est la capacité de résilience et de récupération par rapport aux pertes infligées".

Les forces armées agissent surtout "en réaction", faute de renseignements. Il n'y a pas de ligne de front mais des zones d'insécurité où l'on sait que l'adversaire est présent sans pouvoir l'identifier.

De plus, les groupes armés ont su attiser les conflits intercommunautaires, qui non seulement compliquent une situation déjà explosive, mais ont généré méfiance, voire haine, envers les armées locales.

- Manifestation antifrançaise -

Parallèlement, la présence de forces étrangères est mal acceptées par une partie de la population des pays concernés.

Fin mai, une manifestation a rassemblé à Niamey un millier de personnes qui ont scandé "à bas les bases militaires étrangères", "à bas l'armée française" tout en montrant leur hostilité aux groupes armés: "A bas les jihadistes et Boko Haram".

Au Burkina, il n'est pas rare que des badauds expliquent que la montée en puissance des groupes jihadistes dans le pays est une conséquence de la présence française et non la raison de sa présence: "Avant l'arrivée des Français (forces spéciales et Barkhane), il n'y avait pas de jihadistes", disent-ils.

Les hommes politiques se nourrissent aussi de cette méfiance, explique M. Savadogo. "Ils n'hésitent pas à rejeter la faute sur les autres structures", G5 Sahel ou armées occidentales.

Il cite notamment des déclarations du ministre burkinabè de la Défense, Cheriff Sy, à l'hebdomadaire sud-africain, Mail&Guardian: "Les Français ont près de 4.000 hommes dans la région, ils disposent de toutes les ressources militaires et technologiques, aussi suis-je étonné qu'ils n'aient pas été en mesure d'éradiquer cette bande de terroristes".

Avec l'AFP

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