Tchad : l’armée annonce quatre arrestations à Miski et maintient ses opérations
L’armée tchadienne annonce l’interpellation de quatre suspects après l’attaque meurtrière du 14 octobre contre la Brigade minière à Miski, dans la province du Tibesti. Alors que les recherches se poursuivent, plusieurs formations de l’opposition réclament une application effective de l’accord de paix conclu en avril 2025 et appellent à privilégier une issue politique aux tensions dans cette région aurifère du nord du pays.
- Sécurité

Crédit Photo : DT
Quatre individus soupçonnés d’être impliqués dans les violences du 14 octobre à Miski ont été arrêtés par les forces tchadiennes. L’information a été communiquée mardi 20 octobre par Nour Hammad Ahmed Sou, premier adjoint au commandant des zones d’opération du Tibesti, lors d’une intervention sur la chaîne privée MRTV. Selon le responsable militaire, les opérations menées après l’attaque ont également permis de saisir dix armes, notamment deux bazookas et deux fusils de précision. Les recherches restent en cours afin de retrouver d’autres personnes susceptibles d’avoir participé aux affrontements.
L’assaut contre les agents de la Brigade minière avait coûté la vie à deux officiers et fait neuf blessés, d’après le bilan communiqué par l’armée. Le commandement attribue les violences à des membres présumés du Comité d’autodéfense de Miski, une organisation armée locale. Les responsables militaires affirment vouloir reprendre le contrôle de la situation. Dès le 15 octobre, l’état-major avait adressé un ultimatum aux membres du groupe, sommés de déposer leurs armes. Tout refus devait être assimilé à un acte de rébellion, selon le communiqué militaire.
L’opposition réclame une solution politique
Dans une déclaration commune publiée le 20 octobre, plusieurs formations politiques ont exprimé leur préoccupation devant les violences enregistrées à Miski et présenté leurs condoléances aux familles des victimes. Les signataires dénoncent le recours à la violence et mettent en garde contre d’éventuelles représailles visant indistinctement les populations civiles. Ils demandent également une communication officielle transparente sur les événements afin de prévenir la circulation de rumeurs et les tensions à caractère ethnique. L’opposition insiste particulièrement sur l’accord de paix signé le 20 avril 2025 par le gouvernement et le Comité d’autodéfense de Miski. Elle estime que la conclusion de cet accord constituait une reconnaissance de fait de l’organisation locale et demande le respect des engagements pris par les parties. Les formations politiques rappellent également que les difficultés de Miski sont étroitement liées à la gestion des ressources minières, à la présence de l’État et aux revendications des habitants concernant leur participation aux décisions qui touchent leur territoire.
Le contrôle des ressources minières au cœur des tensions
Située dans le massif du Tibesti, près de la frontière libyenne, Miski occupe une place sensible dans les rapports entre le pouvoir central et les communautés locales. Les activités aurifères et les désaccords concernant leur contrôle constituent depuis plusieurs années des sources de tensions. La présence des forces gouvernementales et les revendications du Comité d’autodéfense alimentent un différend dont la dimension sécuritaire se conjugue à des enjeux économiques et politiques.
LSI AFRICA
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