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CRISE

Zambie : le dépouillement des élections présidentielle et législatives suspendu après des violences

La Zambie devra attendre avant de connaître l’issue de ses élections présidentielle et législatives du 14 août. La Commission électorale a interrompu vendredi le dépouillement et la proclamation des résultats dans tout le pays après des violences signalées dans plusieurs districts. La suspension doit être réexaminée sous 24 heures.

 

Crédit Photo : DT
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Le processus électoral zambien est à l’arrêt. Au lendemain du double scrutin présidentiel et législatif, la Commission électorale de Zambie (ECZ) a ordonné la suspension immédiate du dépouillement et de la proclamation des résultats. Son directeur des élections, Brown Kasaro, a justifié cette décision par des incidents enregistrés pendant les opérations de comptage dans certains districts. « La Commission électorale de Zambie a pris connaissance avec inquiétude des informations faisant état de violences survenues lors du dépouillement et de la proclamation des résultats dans certains districts », a-t-il déclaré vendredi devant la presse à Lusaka. L’institution électorale évoque également des menaces de nouvelles violences. Elle doit réexaminer la mesure dans un délai de 24 heures avant de décider des conditions dans lesquelles les opérations pourront reprendre. Aucun résultat national définitif n’avait été proclamé au moment de la suspension.

Brian Mundubile revendique la présidence et le Parlement

La décision de la Commission électorale est tombée alors que l’opposition venait de revendiquer publiquement la victoire. Brian Mundubile, ancien ministre sous la présidence d’Edgar Lungu et principal adversaire de Hakainde Hichilema lors de ce scrutin, a affirmé dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux que sa coalition disposait de suffisamment d’éléments pour se déclarer victorieuse. « Nous avons remporté cette élection tant au niveau présidentiel qu’en termes de majorité des sièges au Parlement », a-t-il déclaré. Cette affirmation n’a pas été confirmée par la Commission électorale. La suspension du dépouillement empêche, à ce stade, d’établir officiellement le vainqueur de la présidentielle ou la future composition du Parlement. La revendication de Brian Mundubile place néanmoins la question de la reconnaissance des résultats au cœur des prochaines heures, alors que le comptage doit encore être achevé.

Hakainde Hichilema n’a pas revendiqué la victoire. Le président sortant a demandé aux Zambiens de ne pas tirer de conclusions avant la publication des chiffres par les institutions électorales. Il a appelé ses compatriotes à rester « sereins, patients et patriotes en attendant les résultats officiels communiqués par les instances chargées de la gestion du scrutin ». Hichilema avait accédé à la présidence en 2021 après avoir battu Edgar Lungu. La transmission du pouvoir qui avait suivi avait conforté l’image de la Zambie comme l’une des démocraties relativement stables d’Afrique australe. Cinq ans plus tard, le président sortant devait défendre son bilan dans un climat politique plus tendu. Une partie de l’opposition a axé sa campagne sur les difficultés économiques et le mécontentement d’une fraction de la population.

Une campagne déjà marquée par des tensions

Les incidents rapportés pendant le dépouillement ne constituent pas les premières tensions liées à cette séquence électorale. À la veille du vote, la Commission zambienne des droits humains avait annoncé suivre attentivement les arrestations et détentions concernant des candidats, des militants politiques et des journalistes. La campagne avait elle-même été ponctuée de heurts, alors que la compétition se resserrait autour de Hichilema et Mundubile. La suspension décidée vendredi ouvre désormais une période d’incertitude institutionnelle. L’enjeu dépasse également la seule compétition politique : la Zambie est le deuxième producteur de cuivre d’Afrique et le huitième au niveau mondial. Ce métal occupe une place majeure dans la fabrication des réseaux électriques, des véhicules électriques et des infrastructures nécessaires aux centres de données.

La priorité immédiate reste toutefois électorale. La Commission dispose désormais de 24 heures pour réévaluer les conditions de sécurité. Tant que le dépouillement n’aura pas repris et que les résultats officiels n’auront pas été proclamés, la revendication de victoire de Brian Mundubile comme l’issue de la présidentielle demeureront à confirmer.

LSI AFRICA

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