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EXPLOSION A BEYROUTH

Liban : ce que l'on sait de la double explosion mortelle à Beyrouth

Au moins 73 personnes sont mortes et 3 700 ont été blessées dans les deux explosions survenues à Beyrouth (Liban), mardi 4 août, selon un nouveau bilan annoncé à 23 heures par le ministère de la Santé. Les fortes déflagrations, qui ont eu lieu dans la zone du port et dont l'origine n'était pas connue dans l'immédiat, ont été entendues dans plusieurs secteurs de la ville. Le Premier ministre a d'ores et déjà annoncé un jour de deuil national mercredi.

© Anwar Amro  / AFP
© Anwar Amro / AFP

Deux fortes explosions sont survenues ce mardi dans le secteur du port à Beyrouth. De gros nuages de fumée orange étaient visibles au-dessus de la capitale.

Que s'est-il passé ?

En fin d'après-midi, une première explosion a été entendue suivie d'une autre très puissante qui provoque un gigantesque champignon dans le ciel. Le souffle a d'ailleurs été ressenti jusqu'à l'île de Chypre à environ 200 km de là. Les vitres de nombreux immeubles et magasins ont volé en éclats et d'épais nuages de fumée orange s'élèvent au-dessus de la capitale. Presque aucune vitrine des magasins des quartiers de Hamra, Badaro et Hazmieh n'a résisté, pas plus que les vitres des voitures. Des véhicules ont été abandonnés dans les rues, avec leurs airbags gonflés, et les sirènes de la défense civile retentissaient dans toute la ville.

Ahmad M. Yassine était dans sa voiture à Dayhe, dans la banlieue sud de Beyrouth, lorsque l’explosion a eu lieu. "Tout d’un coup, ma voiture a sauté des mètres en avant", raconte-t-il à franceinfo, qui l'a contacté sur les réseaux sociaux. "Il a plu partout des débris de verre venant des maisons et des magasins aux alentours ! C’était horrible, beaucoup de personnes sont blessées et les magasins sont détruits". Le souffle a été tel que des dégâts ont été constatés au domicile d'un habitant du quartier d'Hamra, à 6 kilomètres du port.

Je n’ai pas vu l’explosion, mais bien évidemment je l’ai sentie et entendue. Au début on aurait cru à un tremblement de terre. Puis l’explosion a cassé la porte de mon appartement.Pablo Percelsi, du Comité International de la Croix Rouge à Beyrouthà franceinfo

Le secteur du port a été bouclé par les forces de sécurité, qui ne laissent passer que la defense civile, les ambulances et les camions des pompiers. Les journalistes ont été interdits d'accès, a constaté un correspondant de l'AFP. Trois heures après l'explosion, l'incendie n'était toujours pas éteint sur le port et des hélicoptères continuaient de déverser des trombes d'eau pour tenter d'éteindre les flammes.

Quelle est la situation humanitaire sur place ?

"C'est une catastrophe dans tous les sens du terme", a déclaré le Premier ministre Hassan Diab, interrogé par plusieurs télévisions alors qu'il visitait un hôpital de la capitale. "Les hôpitaux de la capitale sont tous pleins de blessés", a-t-il souligné, appelant à transporter les autres blessés vers des établissements de la banlieue. De nombreux officiels préviennent que le bilan risque de s'alourdir, les sauveteurs peinant à progresser dans les amoncellements de gravats qui jonchent les rues.

"Nous assistons à une terrible catastrophe", a déclaré le chef de la Croix-Rouge libanaise, George Kettani, à la chaîne de télévision Al Mayadeen. "Il y a des morts et des blessés partout, dans toutes les rues et dans tous les quartiers, qu'ils soient proches ou éloignés de l'explosion", a-t-il dit.

Les médias locaux ont diffusé des images de personnes coincées sous des décombres, certaines couvertes de sang. Selon des correspondants de l'AFP, après l'explosion, de nombreux habitants blessés marchaient dans les rues vers des hôpitaux. Une journée de deuil national a été décrétée mercredi "pour les victimes de l'explosion du port de Beyrouth", a annoncé le Premier ministre Hassan Diab.

Berlin a annoncé que des membres du personnel de l'ambassade d'Allemagne comptait parmi les blessés. Par ailleurs, un navire de l'ONU a été endommagé et des Casques bleus ont été grièvement blessés, explique dans un communiqué (en anglais) la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). La France a ouvert une cellule de crise avec une antenne à Paris et une autre à son ambassade de Beyrouth. Un message a été envoyé à tous les Français présents sur place, voyageurs et expatriés.

Quelle est l'origine du drame ?

Selon des informations préliminaires de médias locaux, l'explosion serait le résultat d'un incident au port de Beyrouth, mais pour le moment, les circonstances et détails sur les explosions restent encore inconnus. "Il semble qu'il y ait un entrepôt contenant des matières confisquées depuis des années, et il semblerait qu'il s'agissait de matières très explosives", a déclaré le directeur général de la Sûreté générale Abbas Ibrahim, interrogé sur place par des télévisions. "Les services concernés mènent l'enquête, ils diront quelle est la nature de l'incident."

Quelles sont les réactions au Liban ?

Le président libanais, Michel Aoun, a convoqué une "réunion urgente" du Conseil supérieur de la Défense, qui a annoncé que Beyrouth était une "ville sinistrée". Le Conseil, qui réunit notamment le président, le Premier ministre et la ministre de la Défense, "recommande" par ailleurs au gouvernement de décréter l'état d'urgence pendant deux semaines dans la capitale, selon l'agence nationale d'informations ANI. "Une catastrophe majeure s'est abattue sur le Liban", a déploré le président Michel Aoun à l'ouverture de la réunion.

"Ce qui s'est passé aujourd'hui ne passera pas sans que des comptes soient rendus", avait déclaré un peu plus tôt le Premier ministre Hassan Diab, lors d'une allocution télévisée, en ajoutant que "les responsables de cette catastrophe devront payer le prix." Toutes les forces politiques du Liban doivent s'unir afin de surmonter une "douloureuse catastrophe", a commenté pour sa part le Hezbollah libanais.

Quelles réactions de la communauté internationale ?

Le Premier ministre a également appelé les "pays amis" à aider le Liban. Des secours et des moyens français seront acheminés au Liban, a annoncé le président français, Emmanuel Macron. "J'exprime ma solidarité fraternelle avec les libanais après l'explosion qui a fait tant de victimes et de dégâts ce soir à Beyrouth", a-t-il ajouté sur Twitter. "La France se tient aux côtés du Liban. Toujours."

"Nous présentons nos plus sincères condoléances à tous ceux qui ont été touchés, et nous nous tenons prêts à offrir toute l'assistance possible", a déclaré un porte-parole du Département d'Etat américain. "La Russie partage le chagrin du peuple libanais", a déclaré de son côté le président russe, Vladimir Poutine, dans un télégramme de condoléances au président libanais, Michel Aoun.

"Nos pensées et prières sont avec le grand et résilient peuple du Liban", a tweeté le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif. "Comme toujours, l'Iran est tout à fait disponible pour fournir de l'assistance par tous les moyens nécessaires", a-t-il dit, appelant le Liban à "rester fort". Israël a également proposé de l'aide humanitaire et médicale après les explosions survenues à Beyrouth, par la voix de son ministre de la Défense Benny Gantz.

LSi Africa vec l'AFP

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