Des migrants expulsés des États-Unis transférés en Ouganda
Douze personnes expulsées des États-Unis ont été transférées en Ouganda, dans le cadre d’un accord bilatéral inédit. Cette pratique, qui consiste à renvoyer des migrants vers des pays tiers, soulève des interrogations sur les aspects juridiques et humanitaires.
- Société

Credit Photo : Collage.
Un groupe de douze personnes expulsées des États-Unis a atterri jeudi en Ouganda, selon l’Uganda Law Society. Il s’agit du premier transfert connu dans le cadre d’un accord conclu entre Washington et Kampala, qui prévoit l’accueil de migrants ne pouvant être renvoyés dans leur pays d’origine. Ce dispositif s’inscrit dans une politique plus large de renvoi vers des pays tiers, défendue par le président Donald Trump. Cette orientation fait l’objet de critiques de la part d’organisations juridiques et de défense des droits humains, qui dénoncent des transferts vers des États avec lesquels les personnes concernées n’ont parfois aucun lien.
Interrogée à Kampala, Yasmeen Hibrawi, conseillère aux affaires publiques de l’ambassade des États-Unis, a indiqué que ces opérations étaient menées « en pleine coopération avec le gouvernement ougandais ». Elle a toutefois refusé de commenter les situations individuelles, invoquant des raisons de confidentialité. Les autorités ougandaises, pour leur part, sont restées discrètes. Le ministère des Affaires étrangères n’a pas souhaité réagir officiellement. Un responsable gouvernemental, sous couvert d’anonymat, a confirmé l’arrivée des personnes expulsées, précisant qu’elles seraient placées dans une phase de transition, en attendant un éventuel transfert vers d’autres pays. La nationalité des individus concernés n’a pas été communiquée.
Une pratique qui s’étend en Afrique
Avec cette opération, l’Ouganda rejoint plusieurs pays africains ayant accepté d’accueillir des migrants expulsés par les États-Unis, parmi lesquels le Ghana, le Soudan du Sud, le Cameroun et l’Eswatini. Cette évolution témoigne d’un élargissement progressif des accords migratoires impliquant des États tiers. Sur le terrain, les conditions d’accueil suscitent déjà des inquiétudes. Le barreau ougandais a dénoncé un « processus indigne et déshumanisant » à l’arrivée des expulsés à l’aéroport international d’Entebbe. L’organisation a annoncé son intention de saisir la justice pour contester la légalité de ces transferts.
Un équilibre fragile pour Kampala
L’accord entre Kampala et Washington, annoncé en août dernier, prévoit que l’Ouganda puisse accueillir des personnes déboutées du droit d’asile aux États-Unis qui refusent de retourner dans leur pays d’origine. Les autorités ougandaises ont toutefois posé certaines limites, excluant notamment les personnes ayant des antécédents criminels ainsi que les mineurs non accompagnés. L’Ouganda accueille près de deux millions de réfugiés, principalement originaires du Soudan du Sud et de la République démocratique du Congo, deux pays marqués par des conflits persistants. La pression sur les ressources nationales s’intensifie, alors que le pays continue de jouer un rôle central dans l’accueil des populations déplacées en Afrique de l’Est.
LSI AFRICA
Commentaires
Vous souhaitez pouvoir ajouter un commentaire à l'article Des migrants expulsés des États-Unis transférés en Ouganda, ou faire profiter de votre expérience avec les internautes, ajoutez votre commentaire il sera mis en ligne après validation par notre équipe
Votre commentaire a bien été prise en compte, notre équipe vous envoi un mail de confirmation une fois mis en ligne.
Votre commentaire est en attente de modération. Voir votre commentaire