Guerre en Ukraine : Poutine « promet » de mettre fin au recrutement de Ghanéens
Le président russe Vladimir Poutine s’est engagé à mettre fin au recrutement de ressortissants ghanéens destinés à combattre en Ukraine. L’assurance a été donnée à son homologue John Dramani Mahama, lors de leur rencontre du 30 octobre à Moscou, selon la diplomatie ghanéenne. Accra affirme que 62 de ses citoyens ont perdu la vie dans le conflit et que 15 autres sont portés disparus.
- Sécurité

Crédit Photo : DT
La Russie a accepté de mettre un terme au recrutement de ressortissants ghanéens dans ses forces engagées en Ukraine, selon une annonce faite le 31 octobre par le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa. La décision aurait été prise à la demande du président John Dramani Mahama, qui a directement abordé la question avec Vladimir Poutine lors de leur rencontre à Moscou, en marge du troisième sommet Russie-Afrique. Selon Accra, l’engagement russe concerne aussi bien les recrutements effectués par des circuits irréguliers que les engagements volontaires. Aucun ressortissant ghanéen ne devrait donc être autorisé à rejoindre les forces russes combattant en Ukraine.
Des dizaines de Ghanéens tués sur le front ukrainien
Le recrutement de citoyens ghanéens dans l’armée russe préoccupe Accra depuis plusieurs mois. En février 2026, à l’issue d’une visite à Kiev, Samuel Okudzeto Ablakwa avait indiqué que 272 Ghanéens auraient été recrutés depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en 2022. Le ministre faisait alors état de 55 morts et de deux prisonniers de guerre. En août, le bilan communiqué par la diplomatie ghanéenne était passé à 62 décès, tandis que 15 ressortissants demeuraient introuvables. Selon les informations recueillies par Accra, plusieurs candidats auraient été attirés par des propositions d’emploi dans la construction, la logistique ou la sécurité avant de se retrouver engagés dans des opérations militaires. Le gouvernement ghanéen a ouvert des enquêtes sur les réseaux soupçonnés d’organiser ces recrutements frauduleux. La Russie conteste, de son côté, les accusations de recrutement illégal de ressortissants étrangers. Le dossier avait déjà fait l’objet de discussions diplomatiques en août avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui avait donné des assurances concernant l’arrêt des recrutements irréguliers.
Plusieurs pays africains concernés
Le Ghana n’est pas le seul pays africain confronté au recrutement de ses citoyens dans la guerre en Ukraine. Le Kenya et l’Afrique du Sud ont engagé des démarches afin d’obtenir le retour de ressortissants ayant rejoint les forces russes, parfois après avoir été trompés sur la nature de leur engagement. Le Cameroun, le Botswana et le Zimbabwe ont également entrepris des démarches concernant leurs citoyens impliqués dans le conflit. Selon des données ukrainiennes rapportées par Bloomberg, plus de 5 000 Africains figureraient parmi les étrangers ayant signé des contrats avec l’armée russe. La rencontre de Moscou a par ailleurs donné lieu à plusieurs annonces de coopération bilatérale, notamment un projet de centrale nucléaire de 2 000 mégawatts au Ghana et un accord de défense portant sur l’acquisition d’équipements militaires.
LSI AFRICA
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