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Les bombes sur Téhéran, Poutine regarde ailleurs

Dans ce qu’il est convenu d’appeler le Sud global, la Russie fait office de puissance à côté de la Chine et dans une moindre mesure la Turquie. Sous couvert de discours anti-impérialistes et de diverses variantes de solidarité tiers-mondiste, le Kremlin pousse ses pions pour imposer son influence partout. Si en Afrique, la rupture des pays de l’AES avec le bloc occidental a ouvert le champ aux mercenaires russes, c’est un tout autre jeu auquel on assiste en Iran.

LE ZÉMIDJAN
LE ZÉMIDJAN

Depuis le début des bombardements américano-israéliens sur l’Iran, les observateurs attendent la réaction de la Russie alliée de Téhéran. Mais malgré l’assassinat du guide et l’élimination d’une bonne partie de l’appareil d’État iranien, les Russes font le mort et se gardent bien de venir au secours de leur partenaire. Moscou se limite à des condamnations vagues et des déclarations vaines pour dénoncer ce qu’il qualifie d’agression sans aucune action concrète de soutien sur le terrain ou en appui aérien. Moscou a seulement présenté ses condoléances au président iranien Masoud Pezeshkian après la mort du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei. En outre, interrogé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, sur un potentiel soutien russe à la défense iranienne, il a rétorqué que la Russie « ne défendait que ses propres intérêts ». Or, l’Iran a beaucoup soutenu Moscou dans sa guerre d’agression en Ukraine depuis février 2022, en lui fournissant des drones et du soutien logistique. Téhéran soutient aussi Moscou afin qu’il puisse contourner les sanctions internationales imposées par la communauté internationale.

Malgré le pacte stratégique conclu par les deux pays en 2025, Téhéran ne pourra compter sur le soutien russe et devra se défendre seul dans une guerre asymétrique à l’issue de laquelle ses capacités logistiques seront fortement touchées et son leadership délesté de grandes figures chez les gardiens de la révolution notamment. L’Iran expérimente ce que la Syrie et le Vénézuéla ont déjà pu observer de la part de l’allié russe. A Damas, la dynastie des Assad est tombée grâce à une offensive éclair de HTS sans que la Russie ne lève le plus petit doigt pour sauver Bachar. Malgré la présence de soldats russes, aucun d’entre eux n’a tiré le moindre coup de feu pour sauver le régime alaouite.

Au Venezuela, plus récemment, Donald Trump, en violation flagrante du droit international et de la souveraineté des États, a envoyé un commando arrêter Nicolas Maduro pour le traduire devant un tribunal new yorkais. Encore une fois, les Russes alliés historiques du régime de Caracas n’ont pas levé le moindre doigt, se contenant de tièdes communiqués vite oubliés le lendemain.

Moscou revendique une longue amitié avec les peuples alors sous le joug colonial pour justifier une proximité idéologique et morale. Mais face à la réalité, elle exerce une politique coloniale basée sur l'exploitation des ressources naturelles, l’envoi de convois de mercenaires en Afrique, le trafic d’êtres humains avec des étudiants africains attirés en Russie puis transformés en chair à canon. Moscou pousse le cynisme jusqu’à facturer plusieurs centaines de millions d’euros des gardes prétoriennes à des juntes illégitimes, alors que leurs pays se meurent. A Bamako, par exemple, les citoyens ont de l'électricité 4h par jour mais la junte paie des mercenaires russes pour se maintenir au pouvoir sans légitimité électorale. Le régime de Téhéran serait en train de tomber que la Russie ne sautera pas à son secours.

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