S'informer simplement
Publicité
ÉDITO

Le CFA sauve-t-il (encore) le Sénégal ?

Encore sous le coup des conséquences de la révélation, en février 2025, du scandale d'une dette cachée de 7 milliards de dollars, l'économie sénégalaise continue de naviguer en eaux troubles. Le nouveau régime, qui boucle ses deux ans le 2 avril, consacre beaucoup d'énergie à éviter le défaut de paiement sur la dette, tout en fermant la porte à l'éventualité d'une restructuration.

Credit Photo : MODJI
Credit Photo : MODJI

Le Sénégal a vu son programme de 1,8 milliard de dollars avec le FMI suspendu, les marchés internationaux fermés et la demande sociale persistante. Le nouveau régime tente de trouver des solutions face à une économie exsangue et à une note souveraine régulièrement abaissée par les agences. S&P vient encore, ce 28 mars, d'abaisser la note souveraine du pays en monnaie locale de B-/B à CCC+/C. En vue de maintenir l'économie sous perfusion, le pays emprunte massivement, avec un encours de la dette d'environ 15 000 milliards sur trois exercices budgétaires. Quel est ce miracle qui permet à Dakar de tenir ? Le pays survit grâce au marché intérieur en contractant régulièrement auprès de la zone UEMOA.

Cette semaine, le pays a encore levé 304 milliards de FCFA grâce à son premier appel public à l'épargne de 2026. L'objectif était de 200 milliards. Avec les bons et obligations du Trésor sur le marché de l'UEMOA, le pays parvient à rembourser ses échéances et à honorer ses dépenses courantes. La robustesse de la zone UEMOA, qui régit le franc CFA, constitue la principale bouée de sauvetage de Dakar à ce stade. La zone offre suffisamment de liquidités pour financer les économies régionales. Elle est également suffisamment stable pour éviter aux pays membres en difficulté - comme c'est le cas du Sénégal - de subir un défaut, voire de sombrer. Le partage des risques et leur mitigation par la coopération semblent fonctionner, malgré des années de propagande massive anti-franc CFA de la part d'économistes, d'acteurs publics et d'activistes financés de l'extérieur, notamment. L'économie réelle apporte un démenti cinglant au populisme qui utilise le concept de souverainisme pour prospérer auprès, notamment, de la jeunesse d'Afrique francophone. L'économie abhorre les postures et consacre le caractère scientifique des faits, en plus de prendre en charge les besoins concrets des gens.

La résilience en cours du Sénégal face à une crise de la dette d'une ampleur inédite consacre la pertinence d'un maintien du franc CFA. La coopération, le maintien à un taux faible de l'inflation malgré les crises mondiales en cours, le partage des risques et la garantie de convertibilité de la monnaie sont des atouts majeurs en cas de turbulence économique.

Le franc CFA n'est ni une monnaie de singe ni une monnaie coloniale. Il est un instrument d'intégration africaine qui permet aux économies fragiles de tenir grâce aux mécanismes de la Banque centrale. Le franc CFA est tellement une bonne monnaie que même les indécrottables souverainistes de l'AES ont quitté la CEDEAO sans quitter l'UEMOA. Malgré la propagande sur un contrôle français sur la monnaie, les turbulents putschistes anti-Paris s'agrippent encore au CFA et ne donnent plus aucune nouvelle de la monnaie de l'AES.

David Touré

Commentaires

Vous souhaitez pouvoir ajouter un commentaire à l'article Le CFA sauve-t-il (encore) le Sénégal ?, ou faire profiter de votre expérience avec les internautes, ajoutez votre commentaire il sera mis en ligne après validation par notre équipe

Indiquer votre commentaire
Indiquer votre nom
Indiquer votre prénom
Indiquer votre adresse email (utilisateur@domaine.com)

*Champs obligatoire
Conformément à la loi informatique, aux fichiers et aux libertés n°78-17 du 6 janvier 1978, vous disposez d'un droit d'accès et de rectification relatif à toutes informations vous concernant sur simple demande à notre adresse.

Votre commentaire a bien été prise en compte, notre équipe vous envoi un mail de confirmation une fois mis en ligne.

Votre commentaire est en attente de modération. Voir votre commentaire

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d'intérêts.