Afrique : la BAD prévoit une croissance de 4,2 % en 2026 malgré des besoins de financement élevés
Présenté à Brazzaville lors des assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, le rapport Perspectives économiques en Afrique 2026 prévoit une croissance moyenne de 4,2 % sur le continent l’an prochain. Si plusieurs économies continuent d’afficher des performances solides, la BAD alerte sur les besoins de financement qui freinent encore les investissements et la transformation économique africaine.
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Credit Photo : DT
La croissance économique africaine devrait légèrement ralentir en 2026, avec une progression moyenne attendue à 4,2 %, après 4,4 % en 2025, selon les Perspectives économiques en Afrique 2026 présentées mardi à Brazzaville par la Banque africaine de développement (BAD), à l’occasion de ses assemblées annuelles. Le rapport souligne néanmoins que plusieurs économies du continent continuent d’afficher une dynamique soutenue. Vingt-deux pays africains devraient enregistrer une croissance supérieure à 5 %, portée notamment par les performances agricoles, la bonne tenue des cours des matières premières et les réformes économiques engagées dans plusieurs États.
Les écarts restent marqués selon les régions. L’Afrique de l’Est conserverait sa place de moteur économique du continent avec une croissance estimée à 5,9 % en 2026. L’Afrique de l’Ouest suivrait avec 4,7 %, tandis que l’Afrique centrale atteindrait 3,8 %, soutenue principalement par les revenus issus des hydrocarbures. À l’inverse, l’Afrique australe afficherait la progression la plus faible, à 2,1 %, pénalisée par le recul de l’activité minière et le coût élevé de l’énergie.
La BAD insiste sur un autre défi : la capacité du continent à financer ses propres priorités. Malgré des ressources abondantes et un potentiel important de capitaux, l’Afrique continue de faire face à un déficit de financement qui limite les investissements nécessaires à son industrialisation, à ses infrastructures et à ses objectifs climatiques. Pour répondre à ces contraintes, l’institution panafricaine recommande un renforcement des ressources domestiques, un développement plus poussé des marchés financiers africains et une meilleure intégration des systèmes financiers nationaux. L’accent est également mis sur le développement des marchés de capitaux, l’amélioration des mécanismes de notation du risque souverain et l’attraction des investissements institutionnels.
Le président du Groupe de la BAD, Sidi Ould Tah, a plaidé pour une mobilisation plus efficace des ressources disponibles sur le continent. Selon lui, cette approche doit permettre d’utiliser davantage les financements issus des diasporas, de mieux valoriser le capital naturel africain et de donner au continent davantage de poids dans les mécanismes de financement internationaux. Dans un environnement marqué par des tensions géopolitiques, des conditions de crédit plus strictes et des besoins d’investissement élevés, la BAD estime que la question du financement reste l’un des principaux leviers pour soutenir les ambitions économiques africaines au cours des prochaines années.
LSI AFRICA
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