Afrique : trois pays en négociation pour des échanges de dette dépassant 500 millions de dollar
The Nature Conservancy négocie avec trois pays africains des opérations d’échange de dette contre nature pouvant dépasser 500 millions de dollars, dans un contexte de forte demande de financements climatiques et de contraintes accrues sur l’accès aux capitaux.
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Crédit Photo : DT
The Nature Conservancy (TNC), organisation environnementale mondiale basée aux États-Unis, est en pourparlers avec trois pays africains en vue de conclure des échanges de dette d’un montant total supérieur à 500 millions de dollars, afin de financer la préservation d’écosystèmes clés, a déclaré son directeur Afrique à Reuters. Les échanges de dette contre nature permettent aux pays à revenu limité de réduire le poids de leur dette en contrepartie d’engagements en matière de conservation. Les Seychelles et le Gabon ont déjà eu recours à ce mécanisme au cours de la dernière décennie, mais aucune nouvelle opération n’a été conclue récemment, notamment après la réduction du soutien américain consécutive au retour de Donald Trump à la Maison Blanche l’an dernier.
Les organisations à l’origine de ces dispositifs, dont TNC, travaillent désormais avec des banques multilatérales de développement, des assureurs privés et des fonds d’investissement pour relancer ces opérations. « Nous avons des projets en cours avec trois pays différents… nous visons plus de 500 millions de dollars », a indiqué Ademola Ajagbe, directeur régional de TNC pour l’Afrique, lors d’un entretien à Nairobi. Selon lui, une transaction pourrait être finalisée cette année, tandis que deux autres sont attendues en 2027. Il n’a pas précisé les pays ni les partenaires financiers concernés, invoquant des accords de confidentialité.
FINANCEMENTS SOUS CONTRAINTE
M. Ajagbe n’a pas détaillé les conséquences du désengagement américain sur les activités de l’organisation en Afrique, mais il a relevé une augmentation de la demande de financements pour les projets environnementaux. « Plusieurs facteurs limitent la capacité de l’Afrique à mobiliser des ressources pour protéger ses actifs naturels », a-t-il déclaré, évoquant notamment la hausse du coût du capital. La hausse des coûts d’emprunt à l’échelle mondiale pourrait restreindre l’accès aux marchés pour certains pays africains endettés, tout en renforçant l’intérêt des échanges de dette, les rachats d’obligations devenant moins coûteux. Le continent, confronté ces derniers mois à des épisodes de glissements de terrain, d’inondations et de sécheresses, ne capte qu’environ 1 % du financement climatique mondial annuel, selon des responsables gouvernementaux.
Dans des pays comme le Kenya ou la Zambie, où TNC est actif de longue date, plusieurs secteurs, dont le tourisme, l’agriculture et l’hydroélectricité, ont été affectés par les effets du changement climatique. M. Ajagbe a également souligné que les tensions géopolitiques influencent les flux d’aide internationale, avec une réorientation vers les dépenses de défense au détriment des projets environnementaux et sociaux.
Il a par ailleurs indiqué que le Gabon respectait les engagements pris dans le cadre de son accord de 2023, malgré le changement de pouvoir intervenu peu après sa signature. « Le gouvernement actuel honore les engagements de l’administration précédente », a-t-il affirmé, précisant que les discussions en cours portent désormais sur un champ élargi incluant les océans, les forêts et les ressources en eau douce.
LSI AFRICA avec Reuters
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