Guinée : la croissance attendue au-dessus de 9 %, portée notamment par Simandou
La croissance économique de la Guinée devrait dépasser 9 % en 2026 comme en 2027, selon les prévisions présentées par la Banque africaine de développement (BAD). Après une hausse du PIB de 7,4 % en 2025, contre 5,7 % en 2024, le pays devrait bénéficier notamment de la montée en puissance du projet minier de Simandou. La BAD appelle toutefois à renforcer le financement de l’économie et la mobilisation des ressources intérieures afin que cette forte progression de l’activité se traduise par davantage d’investissements.
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La Guinée pourrait connaître deux années consécutives de croissance supérieure à 9 %. Présentant le rapport 2026 sur les perspectives économiques du pays, Lawson Zankli Laté Dodji, représentant résident de la Banque africaine de développement en Guinée, a insisté sur la nécessité de transformer les performances attendues en résultats économiques durables. « Le message qui ressort de ce rapport, c’est le besoin de continuer les efforts pour que cette croissance économique puisse se traduire par des investissements positifs », a-t-il déclaré. La BAD prévoit une progression du produit intérieur brut de 9,3 % en 2026 et de 9,8 % en 2027. L’économie guinéenne avait déjà accéléré en 2025, avec une croissance de 7,4 %, contre 5,7 % en 2024, selon les données de l’Institut national de la statistique citées lors de la présentation.
Simandou change les perspectives économiques
Le projet de minerai de fer de Simandou constitue l’un des principaux moteurs de l’accélération attendue. La BAD associe ses prévisions à la montée en puissance du projet minier ainsi qu’à la consommation des ménages. La Banque mondiale anticipe elle aussi une forte progression de l’activité, avec toutefois des estimations différentes. Dans ses perspectives publiées en avril, elle tablait sur 8,8 % de croissance en 2026 et sur une moyenne de 11,1 % en 2027 et 2028, à mesure que la production de minerai de fer de Simandou augmente. L’institution estime que le secteur minier devrait progresser de 23,3 % par an en moyenne sur la période 2026-2028. L’activité hors mines afficherait une hausse moyenne de 5,6 %, soutenue notamment par la consommation privée et l’investissement public. Le FMI partage le diagnostic d’une accélération de l’économie avec l’entrée de Simandou dans sa phase de production. Dans ses conclusions publiées en août, l’institution a toutefois insisté sur la nécessité d’utiliser les nouvelles recettes minières pour financer les dépenses prioritaires, développer les infrastructures et le capital humain, tout en préservant la soutenabilité de la dette.
La vigueur attendue de l’activité pose aussi la question du financement du développement. Lawson Zankli Laté Dodji estime nécessaire d’approfondir le secteur financier guinéen et de développer de nouveaux instruments capables de mobiliser davantage de capitaux. La création d’un fonds souverain figure parmi les pistes évoquées. La BAD considère également la mobilisation de l’épargne intérieure comme un levier de financement du programme Simandou 2040. Le système financier national demeure peu profond et les marchés de capitaux restent insuffisamment développés, ce qui limite les capacités de financement des grands projets d’infrastructure. La ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a également insisté sur la mobilisation des ressources internes. Cette question prend une place centrale alors que le programme Simandou 2040 prévoit d’importants besoins d’investissement dans les infrastructures et plusieurs secteurs de l’économie.
Des indicateurs favorables, mais plusieurs risques
La BAD prévoit parallèlement une inflation de 4,2 % en 2026, puis de 3,6 % en 2027. Le déficit budgétaire est attendu à 3,5 % du PIB cette année et à 3,7 % l’année suivante, notamment sous l’effet des besoins de financement des infrastructures, des subventions et des transferts. L’institution identifie plusieurs facteurs susceptibles de peser sur ses prévisions, parmi lesquels les tensions sur l’approvisionnement en hydrocarbures, les difficultés de mobilisation des financements et les incertitudes liées à l’exécution du projet Simandou. La question des retombées de cette accélération reste également posée. Selon les données de la BAD, le PIB réel par habitant avait progressé de 4,6 % en 2025, après 3 % en 2024. L’institution estime que la capacité du pays à transformer la dynamique minière en emplois, investissements et diversification économique constituera l’un des principaux enjeux des prochaines années.
LSI AFRICA
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